Comme son nom l’indique, FNDC s’était fixé pour objectif la défense de la constitution de mai 2010. Avec la tenue du référendum le 22 mars dernier et les résultats provisoires proclamés par la CENI, le mouvement n’a pas atteint son principal objectif : sauver la constitution. Mais cela ne veut pas dire qu’il a échoué. Loin de là. Il a même réussi un exploit. Dans un contexte de division politico-ethnique, réussir à fédérer tous les membres de ce mouvement est en soi un véritable exploit.

En effet, le pouvoir a usé de toutes les stratégies possibles et imaginables pour déstabiliser ce mouvement. Il a utilisé la carotte avant d’user du bâton. Ni l’une ni l’autre n’ont réussi à torpiller la dynamique citoyenne du FNDC. Dans un premier temps recours a été fait auprès de la communauté pour dissuader certains membres du mouvement. En leur disant notamment que ce combat n’était pas le leur. Et qu’il y avait des objectifs inavoués derrière.

Cette méthode fut totalement contreproductive. Abdourahmane Sano, particulièrement victime de cette surenchère, a résisté face à toutes les pressions. Devant le constat d’échec de cette démarche aux arguments subjectifs, le régime passera par les promesses de promotion et autres avantages. La réponse fut invariablement la même. S’en suivront alors les menaces et les arrestations. Malgré tout, les principaux leaders de ce mouvement ont tenu. Tout à leur honneur.

Avec le passage en force du régime, l’heure ne doit pas être au découragement mais à une simple pause. Pour réfléchir sur les futures actions à mener. Avec l’adoption d’une nouvelle constitution, le sigle FNDC deviendra désormais caduc. Comme dit le dicton populaire, l’objet que l’on craignait de mouiller s’est noyé. Devant cette réalité, le FNDC devrait devenir le FNDD : le front national pour la défense de la démocratie. Car après la constitution c’est désormais la démocratie qui est menacée.

Avec un parlement où le pouvoir a une majorité plus que nécessaire et les autres institutions entièrement aux ordres, la démocratie bat de l’aile. Elle est même en danger de mort désormais. Et c’est pour cette raison que le FNDC ne doit pas mourir de sa belle après le 22 mars. La véritable opposition, devenue extraparlementaire, et le FNDC devraient plutôt conjuguer les efforts pour sauver la démocratie et l’Etat de droit chèrement acquis.

Il est évident que la défaite est toujours orpheline. D’ores et déjà certains membres du mouvement ont commencé à claquer la porte. Accusant leurs désormais anciens collaborateurs de tous les péchés d’Israël. Ce qui en soi n’est pas une mauvaise chose. Ces départs permettront au mouvement de faire le tri entre le bon grain et l’ivraie. Ceux qui resteront après ce que certains considèrent comme une débâcle seront certes moins nombreux mais plus déterminés.

Or l’histoire nous a appris que ce n’est pas toujours le nombre qui compte. A ce sujet, les dernières élections législatives nous apportent cette parfaite illustration : près de 20 partis politiques en concurrence avec le parti au pouvoir ont obtenu 35 sièges à la nouvelle assemblée nationale alors que pour les mêmes élections législatives de 2013 seulement deux partis concurrents du pouvoir avaient obtenu 47 sièges. C’est tout dire.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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