La suspension des manifestations artistiques et culturelles pour freiner la propagation de la pandémie du COVID-19 a un impact négatif sur les centres de loisirs de Conakry. Les propriétaires de ces lieux, autrefois très prisés, tirent aujourd’hui le diable par la queue dans une conjoncture économique très compliqué. C’est le cas des espaces Fagafaga-Fougoufougou (Kaloum), Belvédère (Dixinn) et Eldorado Nongo (Ratoma), où la clientèle ne se bouscule plus au grand dam des gérants de ces lieux. Tel est le constat fait sur place par un reporter de Guineematin.com dans la journée d’hier, lundi 06 avril 2020.

La prise du décret sur l’état d’urgence sanitaire suite à a propagation du coronavirus a entraîné un ralentissement des activités socio-économiques et culturelles. L’interdiction de tout regroupement de plus de vingt personnes a joué négativement sur le chiffre d’affaires de certains centres de loisirs qui ne font plus le plein. Ces espaces de spectacles et de divertissement ressentent aujourd’hui les conséquences directes de cette pandémie qui sévit dans le monde.

Aboubacar Camara, alias Bouba Menguè, du groupe Espoir de Coronthie

La situation est compliquée, soutient Aboubacar Camara, connu sous le nom de Bouba Menguè, membre du mythique groupe Espoir de Coronthie. « Je trouve que c’est normal de fermer tout. Pourquoi ? Parce qu’avec cette pandémie, personne n’est épargné. Tout le monde doit se méfier de cette maladie. C’est pour cette raison que nous nous avons pris l’initiative de fermer l’espace Fougoufougou pour nous protéger et sauver les autres. Mais quand même, cette mesure a un impact sur notre vie artistique et culturelle. Aujourd’hui tout est morose chez nous, je vous assure. Vous savez, les artistes vivent de leur œuvre. Il faut chanter, il faut jouer pour les gens pour avoir quelque chose. Et si tout est fermé, vous voyez ce que ça fait. C’est ici que les artistes viennent se produire. Donc, si c’est fermé, ça joue sur ces artistes aussi. Quand même avec cette maladie on ne peut pas s’en sortir. Il y avait plusieurs événements programmés qu’on a annulé tels que : Le concert de Diamounoun Condé, de Bouba Lomé, Moussa Kandia… Mais il dépend de l’État de voir la situation culturelle et artistique de ce pays, voir qu’est-ce qu’ils peuvent faire pour les artistes. On sait bien que cette épidémie est réelle. Mais, l’État doit prendre des mesures pour soulager les hommes de culture pour ne pas qu’ils se sentent abandonner. »

Même son de cloche chez Slim, le PDG du Belvédère de la Belle Vue. « C’est une maladie à dimension internationale. Donc, on n’y peut rien. Il faut juste se patienter et prier pour la fin de cette maladie. Sinon, nous avons été obligés d’annuler beaucoup d’événements à cause des mesures édictées par les autorités. C’est comme une année blanche pour nous. Normalement, à un mois du ramadan, il devrait y avoir beaucoup d’événements de mariage, de concert et autres en cette période. Mais hélas, tout a été annulé. Donc, ça a un coup sérieux sur notre activité », a-t-il indiqué.

Abdourahmane Baldé, propriétaire de restaurant Eldorado Nongo

De son côté, Abdourahmane Baldé, propriétaire de restaurant Eldorado Nongo, a reconnu l’impact de la crise sur son centre de loisirs. « Comme vous le savez, cette pandémie qui frappe le monde et qui frappe également l’économie mondiale, n’épargne personne. Tout cela s’ajoute à la crise politique à laquelle notre pays est confronté. Aujourd’hui nous avons pris des dispositions pour la prévention de la maladie pour à la fois protéger nos clients et notre personnel. On a la distanciation des tables à au moins 2 à 3 mètres, les kits de lavage des mains sont installés à la rentrée. Nos clients aussi nous ont fait des recommandations que nous avions prises en compte. Mais malgré tout, notre restaurant reste ouvert à nos clients. Et nous ressentons les impacts de ces différentes crises que traverse le monde. Depuis l’annonce de cette mesure, plusieurs événements culturels et sportifs en vue et en cours ont été suspendus voire annulés. Ceci pour briser la chaine de propagation du COVID-19 dans notre pays.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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