Mariama Barry, vendeuse de riz au quartier Manquepas

La Guinée connait une explosion des cas de Covid-19 avec quelques 159 cas hospitalisés à la date de ce mercredi 8 avril 2020. Devant la prise du décret sur l’état d’urgence sanitaire et les nombreuses restrictions qui l’accompagnent, l’on constate un ralentissement des activités économiques. Les citoyens de Conakry sont confrontés à d’énormes difficultés pour joindre les deux bouts. C’est le cas de certaines tenancières de gargotes à Kaloum, le centre administratif de Conakry, qui sont frappés de plein fouet par la crise sanitaire, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Les vendeuses de riz de Kaloum sont confrontées à de sérieuses difficultés à cette période marquée par une propagation inexorable et inquiétante du coronavirus. Interrogées par notre reporter, elles n’ont pas caché leur désarroi par rapport à la situation qui prévaut actuellement.

Mariama Barry, vendeuse de riz au quartier Manquepas : « actuellement, on ne se retrouve pas. Tous les clients sont presque confinés à la maison. En plus, le marché est cher et il n’y a pas de clients. Actuellement, on prépare du riz à revende, mais ça ne va pas du tout. On achète un poisson konkoi entre 80 000 et 100 000 francs guinéens, un kilo de viande à 45 0000 francs guinéens. On prépare tout ça, mais on s’en sort difficilement parce qu’il n’y a pas de clients. On vit dans une famille nombreuse avec des enfants. Mais pour le moment, rien ne marche. S’il y avait autre chose à suivre, j’allais abandonner ça jusqu’à ce que cette période là passe d’abord. Mais, comme les enfants ne comptent que sur nous et il n’y a pas autres choses, on se débrouille avec ça ».

Aicha Camara, vendeuse de riz au quartier Almamya

Aicha Camara, vendeuse de riz au quartier Almamya : « nous effectuons des dépenses énormes sur le marché et on n’arrive pas à vendre tout. Je ne me retrouve plus depuis que cette maladie est venue en Guinée. Les clients sont rares. Et ceux qui achetaient auparavant un plat de 10 000 francs guinéens, achètent maintenant un plat de 5 000 francs guinéens. Ils disent que le transport est devenu cher. Pourtant, on achète la viande et le poisson très cher au marché et on n’arrive pas à vendre tout. »

Fatoumata Fofana, gargotier à Almamya : « avant, on préparait 25 kilogrammes de riz et on vendait tout avant 15 heures. Mais, depuis que cette maladie a été annoncée, on ne prépare que 15 kilogrammes. En plus, on n’arrive pas à vendre tout. Parfois, c’est aux jeunes du quartier qu’on distribue le reste. Et le lendemain aussi, on se débrouille pour sortir parce qu’on ne peut pas attendre la fin de la maladie coronavirus pour sortir. Si nous ne sortons pas, on ne va pas trouver à manger. Nous n’avons pas de comptes bancaires, ni un compte Orange money. Donc, nous vivons au jour le jour. »

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620 589 527

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