La pandémie du coronavirus qui sévit en Guinée depuis quelques semaines, affecte tous les domaines. Et comme lors de la plupart des crises, le panier de la ménagère n’est pas en reste. Plusieurs produits agricoles qui quittent l’intérieur du pays pour Conakry ont connu la hausse de leur prix. C’est le constat fait par un reporter de Guineematin.com au marché de Matoto.

Ces dernières semaines, le président de la République, Alpha Condé, a annoncé plusieurs mesures visant à empêcher la propagation de l’épidémie de coronavirus en Guinée. Au nombre de ces mesures, figurent la réduction du nombre de passagers que les taxis et les minibus sont autorisés à transporter et l’isolement de Conakry par rapport aux villes de l’intérieur. Des mesures qui ne restent pas sans conséquences sur le panier de la ménagère. En effet, les vendeuses qui quittent Conakry pour aller acheter des denrées alimentaires à l’intérieur du pays ont vu leurs activités bloquées ou tout au moins rendues compliquées depuis quelques jours.

Mabinty Sylla, vendeuse de légumes au marché de Matoto

« Les agents qui sont au niveau des barrages avaient l’habitude de laisser nos clientes (les grossistes) rentrer avec leurs condiments à partir de 5 heures du matin pour qu’elles puissent arriver ici entre 9 heures et 10 heures. Mais aujourd’hui, on les bloque au barrage entre Kindia et Conakry, où on les empêche de passer avec leurs marchandises. Comment allons-nous vivre si on empêche les vendeuses de condiments de circuler ? Alors que c’est quand nous faisons le commerce que nous parvenons à nourrir nos enfants. Nous demandons une doléance aux autorités, c’est de laisser les femmes vendeuses passer avec leurs condiments pour le bien des pauvres citoyens », a déclaré Mabinty Sylla, vendeuse de légumes au marché de Matoto.

Mahmadi Soumah

En raison de ces difficultés, les prix de plusieurs produits se sont envolés sur les marchés de Conakry. Une situation que déplore Mamadie Soumah, également vendeuse de légumes au marché de Matoto. « Nous souffrons énormément avec cette affaire d’isolement de Conakry. Aujourd’hui, il n’y a pas d’aubergines, de piments et de gombos au marché de Matoto. Et tout est cher parce qu’ils ont barré la route. Il y a des femmes qui ont vendu un sac de gombos à 1 300 000 francs. Alors qu’on avait l’habitude d’acheter un sac de gombos entre 250 000 et 300 000 francs voire 400 000 francs. Où allons-nous avec ça ? »

M’mah Camara

M’Mah Camara est l’une des vendeuses qui se rendent à l’intérieur du pays pour acheter des légumes et venir les revendre à Conakry. Elle explique que son activité est devenue très difficile ces derniers jours en raison de l’état d’urgence sanitaire en vigueur dans le pays. Ce qui est à l’origine de la hausse des prix de ses produits. « Nous partons dans les villages de Dubréka pour chercher des légumes et venir les revendre aux vendeuses en détail à Conakry. Mais, nous traversons aujourd’hui un véritable calvaire avant d’arriver à Conakry. Plusieurs barrages ont été installés sur la route pour empêcher les gens de circuler.

En plus de ça, les chauffeurs ont augmenté les frais de transport parce que le nombre de passagers qu’ils sont autorisés à transporter a été réduit. Actuellement, nous pouvons acheter un sac de gombo à 150 000 francs là-bas et le transport nous coûte jusqu’à 300 000 francs. Donc nous aussi, on est obligées d’augmenter les prix pour pouvoir nous en sortir. Avant, on revendait un sac d’aubergines, de gombos et de piments entre 200 000 et 300 000 francs. Mais aujourd’hui, le prix a augmenté. Pour que nous arrivions à avoir un peu d’intérêt, sans tenir compte des difficultés que nous rencontrons avant d’être à Conakry, nous revendons maintenant un sac de gombos ou d’aubergines entre 500 000 et 800 000 francs », a-t-elle laissé entendre.

Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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