La pandémie du coronavirus se propage de façon inquiétante et entraîne un ralentissement des activités tant en Guinée qu’à l’étranger. A Conakry, le secteur informel est très touché par les mesures restrictives destinées à rompre la chaîne de contamination. C’est le cas des vendeurs de viande grillée, habituellement très sollicités, mais qui connaissent aujourd’hui une baisse significative de leur revenu. Tel est le constat fait par un reporter de Guineematin dans la soirée d’hier, mercredi 08 avril 2020.

Le secteur informel est sérieusement affecté par les mesures restrictives prises dans le cadre de la riposte contre le Covid-19. Pire, la situation est loin de s’améliorer d’autant plus que ce secteur n’est pas pris en compte par les 30 mesures d’urgences gouvernementales annoncées par le Premier ministre pour faire face à la maladie.

Les vendeurs de viande grillée, qui ne travaillent que le soir et toute la nuit, sont aujourd’hui désemparés. C’est le cas d’Abdoulaye Diallo, qui a sa dibiterie au marché de Yimbaya, dans la commune de Matoto, qui a perdu une grande partie de sa clientèle. « Depuis que le couvre-feu a été annoncé, nos activités sont pratiquement à l’arrêt. Nous ne vendons plus comme d’habitude. Les clients ne viennent pas non plus. Avant, on commençait à vendre véritablement à 23 h. C’est en ce moment que les clients commencent à venir nombreux. Et nous pouvions vendre jusqu’à 04 h du matin. Ce qui nous permettait d’écouler environ 4 cartons de poulets en une seule nuit. Mais maintenant, personne ne vient car tout le monde a peur. Actuellement, on ne peut même pas écouler 1 carton par nuit », se désole-t-il.

Mais, pour faire face à cette nouvelle donne, Abdoulaye Diallo a trouvé une nouvelle stratégie en rapport avec ses clients les plus fidèles. « Pour nos clients les plus réguliers et les plus fidèles, nous leur demandons de passer une commande la journée. Comme ça, à partir de 17 h, on prépare tout pour eux. On attend à ce qu’ils viennent pour nous donner l’argent. Parfois aussi, ils passent la commande et c’est seulement le lendemain qu’ils nous donnent l’argent. Mais, on est obligé d’accepter comme ça car ce sont nos clients et ils sont aussi impactés par ces mesures-là. Ceux qui ne passent pas de commande par contre, eux ils viennent aux environs de 18 heures pour acheter et garder avec eux. »

C’est la même galère que vit Ibrahima Sory Sylla, également vendeur de poulets grillés. « Avec cette affaire de maladie de coronavirus là, tout est bloqué. Parfois, on ne vend même pas 2 poulets. On commence à 17 h pour rentrer à 21 h. Pourtant en temps normal, nous ne commençons à bien vendre qu’à 21 h. Les vrais clients venaient seulement à partir de minuit, en revenant par exemple des boites de nuit », a laissé entendre monsieur Sylla.

L’autre constat inquiétant sur ces lieux de vente de viande grillée, c’est qu’aucune mesure n’est prise pour éviter la propagation du virus : pas de kits de lavage des mains, ni de solution hydro-alcoolique. Un vendeur a confié à notre reporter que leurs kits ne sont installés que la nuit, au moment où les clients viennent nombreux. Du côté de la clientèle, certains affirment détenir leur propre gel désinfectant qu’ils utilisent avant de venir s’approvisionner.

Alsény KABA pour Guineematin.com

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