La pandémie du Covid-19 continue de se propager à une vitesse inquiétante, causant des dizaines de milliers de morts à travers le monde. Depuis l’instauration de l’état d’urgence sanitaire en Guinée, les activités tournent au ralenti alors que les écoles et universités sont fermées. Devant la crainte d’une année blanche, de nombreux élèves de la ville de Boké sont aujourd’hui désemparés et demandent au gouvernement de tout mettre en œuvre pour leur éviter le pire, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

La fermeture des écoles suite à la propagation du coronavirus inquiète les candidats aux examens nationaux de la session 2020. A Boké, contrairement aux écoles privées, les établissements publics sont très en retard, grâce en partie à la grève de plus de deux mois des enseignants affiliés au Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG). De nombreux élèves de la place, interrogés par notre reporter hier, vendredi 10 avril 2020, redoutent une année blanche et interpellent le gouvernement.

Abdoul Wahab Bah, est en classe de Terminale Sciences Maths dans une école privée de la place. Il se dit prêt pour le bac et demande à ce que les autorités prennent leurs responsabilités. « Moi, j’ai suivi le Premier ministre qui dit que l’école ne va pas reprendre tant que la maladie n’est pas vaincue. Cela me pousse à penser à une année blanche. Pourtant, moi je suis prêt pour n’importe quel sujet. Déjà à la maison, j’ai fini de voir tous les programmes en Maths, Physique et Chimie. L’année blanche est une mauvaise chose pour les élèves. Le gouvernement doit tout faire pour que les examens de fin d’année se tiennent. »

Pour sa part, Alpha Mamadou Diallo fait la 10ème année. Il ne veut pas perdre toute une année scolaire. « Redoubler une classe est vraiment choquant, surtout quand ce n’est pas ta faute. Alors, pour ne pas perdre toute une année, je voudrais que le gouvernement prenne toutes les dispositions pour que l’année prochaine nous soyons en classe supérieure ».

Baïlo Kanté fait la 6ème année depuis 3 ans. Pour lui, il n’est pas question de reprendre la classe pour une 4ème fois. « Moi, en cas d’une année blanche, ça veut dire que j’abandonne les études parce que c’est la 3ème fois que je fais la 6ème année. Si cette fois-ci ça ne marche pas, je ne partirai plus à l’école. »

Par contre, Ousmane Soumah, élève en classe de 10ème au lycée-collège Yomboya, dit que rien n’a été fait depuis l’ouverture des classes. Il se dit favorable à une année blanche. « Moi, je soutiens vraiment une année blanche. Imaginez dans une salle d’examen dans les conditions actuelles. Tout le monde sait qu’à Boké, nous n’avons rien fait depuis l’ouverture des classes. Dans certaines matières, nous n’avons même pas fait deux chapitres. Si on nous donne des sujets pour le brevet, qu’allons-nous écrire ? Donc, moi je trouve vraiment l’année blanche comme la solution ».

Depuis Boké, Abdourahmane N’Diaré Diallo pour Guineematin.com

Tél : 628-98-49-38

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