Pour freiner la propagation fulgurante du Covid-19 en Guinée, le président Alpha Condé a rendu obligatoire le port des masques à partir du samedi, 18 avril prochain. Pour faciliter l’obtention du précieux masque, Alpha Condé propose qu’il soit revendu à 2500 GNF. Des citoyens de Boké, interrogé par le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture, ont salué cette initiative de port des masques mais dénoncent la fixation unilatérale de son prix.

La Guinée compte 363 cas positifs de coronavirus à la date de ce mardi, 14 avril 2020. L’annonce en a été faite par l’Agence Nationale de la Sécurité Sanitaire. Pour rompre cet élan inquiétant, le président Alpha Condé exige le port des bavettes pour rompre la chaine de transmission de la maladie. Les citoyens de Boké saluent cette initiative mais ont des réserves sur le prix du masque et sur l’amende de 30 mille GNF qui va frapper les contrevenants.

Mamady Kourouma apprécie positivement la décision. « Moi, je suis d’accord parce que si le président dit ça, c’est qu’il a reçu l’information à travers les spécialistes. Je vais respecter cette décision parce que je suis sûr que c’est pour ma santé ».

Pour sa part, Abdourahmane Bah demande à tout le monde de respecter la décision du président de la République. « Moi, je crois que c’est normal de porter les masques quand la décision vient du président. Dieu nous dit que nous devons respecter les chefs tant qu’ils ne nous demandent pas de désobéir au créateur. Maintenant, le président doit nous aider à avoir le produit à un prix accessible à tous »

De son côté, Issa Keita se dit prêt à lutter contre le COVID-19 en portant les masques. Mais, il demande à l’Etat de prendre ses responsabilités. « Comme les autres pays du monde, le président devait donner à tous les guinéens suffisamment de masques. Dans les autres pays, c’est l’Etat même qui donne les masques à la population. Si vous voulez qu’on porte les masques, donnez-les aux citoyens. Mais, rester là-bas seulement à dire si tu ne portes pas le masque tu vas payer 30 mille GNF, c’est pour polémiquer seulement ».

Marki Bangoura, un autre citoyen de Boké, demande au gouvernement de subventionner les producteurs de masques pour faciliter son obtention. « C’est une belle initiative, mais il y a des préalables. Il faut que l’Etat subventionne les tailleurs. On doit mettre à la disposition des tailleurs un montant pour qu’ils puissent fabriquer suffisamment de masques avec un prix plus abordable. D’ailleurs, on pouvait distribuer ça gratuitement. Avec cette maladie, nous savons qu’il y’a beaucoup d’argent en jeu. Il faut faire comme le Maroc ou ailleurs. Nous demandons au président de la République de mettre un fonds à la disposition des tailleurs confectionner le produit au niveau local ».

Mamadou Aliou Bah n’est pas contre le port obligatoire du masque pendant l’état d’urgence ; mais, il se dit inquiet eu égard à la pauvreté des guinéens. « Je sais qu’il y a des gens ici, ils ont une grande famille. Et il est très difficile pour eux d’avoir même de quoi manger. Donc, dire à ceux-ci que c’est obligatoire d’acheter les masques, si non vous allez payer 30 mille GNF, ça devient encore plus compliqué. L’Etat doit être plus pragmatique en mettant à la disposition de tout le monde les masques parce que c’est possible ».

Aboubakr Bah va aussi abonder dans le même sens. « La population est très pauvre. Un père de famille ne peut pas acheter les masques pour lui et pour tous les membres de sa famille. Et si on dit de vendre à 2 500 GNF, je ne pense pas que ça soit possible. Actuellement, les masques se négocient au marché entre 6 000 et 10 000 GNF. Si le président veut que la consigne soit respectée, il doit nous envoyer des masques. »

Depuis Boké, Abdourahmane N’Diaré Diallo pour Guineematin.com

Tél : 628-98-49-38

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