Aussi paradoxal que cela puisse paraître, c’est au moment où la planète entière est confrontée à une crise sanitaire sans précédent que le président américain annonce la suspension de leur contribution au financement de l’Organisation mondiale de la santé. Donald Trump accuse l’OMS d’avoir mal géré la crise. Cette décision est pour le moins surprenante. Parce que l’heure n’est pas à la polémique. Elle est à la réflexion et à l’acte pour débarrasser l’humanité de cette pandémie.

Cette annonce est la preuve, s’il en était besoin, de l’incapacité de cet homme à diriger la première puissance du monde. Couper les vivres à l’organisation qui s’occupe de la santé à un moment où, justement, la santé est menacée dans le monde entier est une décision incongrue.

Donald Trump reste dans sa logique American first. Mais le moment est mal choisi. Si l’OMS a mal géré cette crise, d’autres organisations et gouvernements l’ont aussi mal gérée. Y compris les Etats-Unis. Au début de cette crise, le président américain parlait de « virus chinois ». Estimant que son pays était suffisamment bien préparé pour faire face à une telle crise.

Or, et c’est là tout le paradoxe, pour le moment les Etats sont le pays qui paye le plus lourd tribut. Incapable d’endiguer la crise, Donald Trump cherche un bouc-émissaire. Et l’OMS en est un. Comme on dit, qui veut abattre son chien l’accuse de rage. Inquiet donc pour sa réélection, devenue hypothétique à cause de la crise économique et sociale engendrée par la crise sanitaire, le chef de l’exécutif ne sait plus où donner la tête.

D’autant plus qu’au même moment son prédécesseur a apporté son soutien à son rival. Barack Obama a indiqué que seul le candidat démocrate à la présidentielle de novembre prochain est capable d’endiguer cette pandémie. Or si nul ne sait si l’ancien vice-président pourrait maîtriser cette descente aux enfers de la première puissance du monde, en revanche il est clair que l’actuel locataire de la Maison blanche, lui, est impuissant devant le mal. Et ce n’est pas le bras de fer qu’il engage avec les gouverneurs de certains Etats qui va régler le problème.

Si gouverner c’est prévoir, beaucoup de dirigeants du monde ont montré leurs limites pour gouverner leur pays. En particulier l’actuel président américain. Au lieu de faire amende honorable, il cherche plutôt à trouver un bouc-émissaire. En l’occurrence l’OMS ou encore la Chine. Pour le moment il est trop tôt de savoir quelle sera la réaction des Américains après la décision de leur président de couper les vivres à l’OMS.

A défaut de pouvoir persuader leur homologue américain de revenir sur sa décision, les dirigeants des autres pays développés regrettent cette décision. Mais ce n’est pas la première fois que le pays de l’Oncle Sam décide de quitter une organisation onusienne. A rappeler que les Etats-Unis avaient annoncé le 1er juin 2017 leur intention de quitter l’accord de Paris sur le climat.

Ils ont aussi claqué la porte à l’organisation des Nations pour l’éducation, la science et la culture, (UNESCO) le 12 octobre de la même année. Mais, selon les observateurs, il n’existe aucune comparaison entre les trois évènements. Certes le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat peut avoir un impact négatif sur la vie des millions de personnes à cause du réchauffement climatique. Mais la suspension de la contribution financière de la première puissance du monde à l’Organisation mondiale de la Santé à un moment où l’humanité entière est empêtrée dans une crise sanitaire d’une ampleur sans précédent est décision lourde de conséquence.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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