Arrêté à Tougué à la veille du contesté double scrutin législatif et référendaire du 22 mars dernier et transféré à Labé, Mamadou Saliou Baldé, connu sous le nom de Diambar, a recouvré la liberté hier vendredi, 17 mars 2020. Cet enseignant, membre du (Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG) et de l’UFDG, avait été soupçonné d’être impliqué dans l’incendie du poste de gendarmerie de Tougué. Interrogé par le correspondant de Guineematin.com à Labé après sa libération, Diambar est revenu sur sa mésaventure.

Les locaux du poste de gendarmerie de Tougué, où était stocké le matériel électoral, ont été incendiés dans la nuit jeudi au vendredi 28 février 2020. C’est en rapport avec ces événements que l’enseignant et membre de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) avait été mis aux arrêts le lendemain suite à une publication sur sa page Facebook.

A sa sortie de prison hier, vendredi, Mamadou Saliou Baldé est revenu sur ce qu’on lui a reproché pour le mettre aux arrêts. « C’est le vendredi 28 février aux environs de 8 heures qu’on m’a arrêté dans mon cyber pendant que je travaillais. On me reprochait d’être l’un des instigateurs de l’incendie de la gendarmerie de Tougué. Le seul argument qu’ils ont brandit, c’est de dire que j’ai publié sur ma page Facebook : ça tire dans mon quartier à 4 heures du matin pendant même que la gendarmerie était en flamme… Selon eux, j’étais en synergie avec ceux qui ont mis le feu sur le bâtiment. Ils m’ont embarqué à bord d’un pick-up et j’ai été déposé à la résidence du gouverneur de Labé. »

Arrivé à Labé, Diambar dit avoir été menotté au poste de gendarmerie sur ordre du gouverneur, Madifing Diané. « Le gouverneur était dans son bureau. Dès qu’il est venu sous escorte, il m’a demandé si c’est moi et mon clan qui avons incendié la gendarmerie. Je lui ai répondu par la négation. C’est ainsi qu’il a répliqué que je vais regretter amèrement ce que j’ai fait. C’est de là que le gouverneur a ordonné qu’on m’envoie à la brigade de recherche, puis à l’escadron mobile numéro 8. Le gouverneur lui-même a ordonné de ne pas me laisser comme ça, de me menotter même dans ma cellule. Et c’est ce que fut fait. Dans ma cellule à l’escadron mobile, j’étais menotté comme un criminel. C’est après que j’ai été transféré à la maison central où j’ai fais un mois deux semaines », a-t-il expliqué.

Parlant de sa libération, Mamadou Saliou Baldé a fait savoir que le SLCEG et l’UFDG y ont joué un grand rôle. « C’est grâce à l’implication du bureau national du SLECG, qui a pris un avocat pour moi, et à l’appui du bureau fédéral de l’UFDG à travers le député uninominal Cellou Baldé, que j’ai été libéré sans aucune condition car aucune charge ne pesait sur moi. J’ai été accusé à tort tout simplement par ce qu’ils me connaissent dans la lutte syndicale que je mène et mon appartenance politique au sein de l’UFDG. Mais, cela ne me décourage pas. Je considère cela comme de simples intimidations. »

Il faut rappeler que depuis l’incendie de la gendarmerie de Tougué, trois personnes ont été arrêtées. Le dernier à être arrêté est Thierno Sadou Baldé, conseiller communal à Tougué, accusé aussi d’être impliqué dans cet incendie. Il se trouve actuellement dans les mains des services de sécurité de Labé. Selon les membres de sa famille, il serait gravement malade.

Depuis Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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