Dans le souci de freiner la propagation du COVID-19 en Guinée, l’état d’urgence sanitaire a été déclaré par les autorités. En plus de la fermeture des frontières, des lieux de culte et de l’isolement de Conakry de l’intérieur du pays, les écoles sont fermées depuis plus d’un mois. Les enseignants des écoles privées, payés en fonction des heures de cours dispensées, traversent une période compliquée actuellement. Ceux du quartier Ansoumanya, dans la préfecture de Dubréka, interrogés par un reporter de Guineematin.com dans la journée de ce jeudi, 23 avril 2020, tirent le diable par la queue et appellent les autorités au secours pour pouvoir passer un Ramadan tranquille.

A la veille du début du mois saint de Ramadan, les enseignants des écoles privées sont plus que jamais désemparés. Devant la galère ambiante, ils appellent le gouvernement à penser à eux financièrement pour qu’ils puissent joindre les deux bouts.

Alhassane Camara, enseignant du primaire dans une école privée d’Ansoumanya

Alhassane Camara, enseignant du primaire dans une école privée d’Ansoumanya : « Je suis entièrement d’accord avec cette mesure restrictive du chef de l’Etat concernant la fermeture des écoles sur toute l’étendue du territoire national. Une manière de lutter contre la propagation du COVID-19 en Guinée. Mais, nous qui enseignons dans les établissements privés, nous sommes pris par la gorge par cette mesure parce que si nous n’enseignons pas, nous n’avons pas de salaire. C’est tout le contraire chez nos collègues des écoles publiques qui reçoivent chaque fin du mois leur salaire, malgré cette décision restrictive. C’est pourquoi, je profite de votre micro pour demander au gouvernement et au président Alpha Condé de nous accorder une subvention, quelque soit le montant, pour que nous puissions faire vivre nos familles pendant ce mois saint de Ramadan. Sinon, nous sommes foutus à jamais. Il faudrait que l’Etat nous vienne en aide financièrement à cette période de COVID-19 ».

Tchambegui Sara Manet, enseignant dans un collège privé d’Ansoumanya

Tchambegui Sara Manet, enseignant dans un collège privé d’Ansoumanya : « c’est vrai que nous accueillons bien cette mesure restrictive du chef de l’Etat, exigeant la fermeture des écoles à cause du COVID-19. Mais, il faudrait que le gouvernement guinéen sache que cette décision ne fait qu’enfoncer financièrement nous autres qui sommes les enseignants des écoles privées parce que s’il n’y a pas de travail, il n’y a pas de salaire chez nous. Et voyez-vous que nous sommes à un jour du mois de Ramadan et jusque-là, nous n’avons aucun revenu salarial qui pourra nous permettre de préparer avec aisance ce mois de pénitence. Donc, je profite de cette aubaine que Guineematin m’offre pour demander à l’Etat de nous accorder des mesures d’accompagnement pour que nous, enseignants du privé, nous puissions accueillir avec joie ce mois saint de Ramadan ».

Mohamed Baldé, directeur général d’un complexe scolaire privé de la place

Mohamed Baldé, directeur général d’un complexe scolaire privé de la place : « nous sommes conscients tous que cette mesure restrictive concernant la fermeture des écoles sur toute l’étendue du territoire national est une manière pour l’Etat de lutter contre la propagation du virus dans le pays. Mais, je me demande est-ce que le gouvernement se souci de la galère qu’endurent actuellement les enseignants des établissements privés avec cette mesure contrairement à ceux des écoles publiques qui sont de la fonction publique ? C’est pourquoi, j’interpelle l’Etat pour qu’à ce mois de Ramadan, il puisse faire un geste en notre faveur, notamment sur le plan financier pour que ces enseignants du privé puissent accueillir paisiblement, sans remords, ce mois de pénitence… »

Léon Kolié pour Guineematin.com

Tel : 661 74 99 64

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