Madame Fatoumata Oularé, citoyenne du quartier Sirikoloni 1

Les fidèles musulmans s’apprêtent à entamer le mois saint du Ramadan dans une conjoncture compliquée, marquée par la propagation du Coronavirus avec de nombreuses restrictions imposées aux guinéens. La crise sanitaire a rendu la conjoncture économique difficile avec une hausse généralisée des prix des denrées de consommation courante.

Cette situation crée une grande inquiétude chez les citoyens de Faranah qui seront privés de prières collectives alors que le Ramadan est une période de pénitence, d’adoration et de privation. Interrogés par le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture, nombre d’entre eux ne cachent pas leur appréhension.

La crise sanitaire et les difficultés économiques actuelles constituent un cocktail qui suscite de l’inquiétude dans l’esprit des citoyens de Faranah à quelques heures du début du mois saint de Ramadan.

Madame Fatoumata Oularé, citoyenne du quartier Sirikoloni 1, enseignante de son état, regrette le fait qu’il n’y aura pas de prières collectives à cause de la fermeture des mosquées. « Mes inquiétudes, c’est d’abord pour la prière. Les années passées, on priait ensemble ; mais cette année, on dit de rester à la maison, de prier seul. Mais, ce qu’on récolte dans les prières collectives est incomparable à une prière menée seul. C’est pour cela que cette année le Ramadan m’inquiète vraiment. Après chaque prière dans les mosquées, les imams font des sermons qui nous permettent de comprendre davantage ce qu’est l’islam. Si tout est fermé maintenant, c’est compliqué… »

Par ailleurs, madame Fatoumata Oularé dénonce la hausse des prix des produits sur le marché. « Nous sommes pauvres. Pour les denrées alimentaires, les prix ont augmenté, pourtant nous sommes en guerre contre le Covid-19. « Si on augmente les prix alors que nous n’avons rien, c’est vraiment inquiétant pour nous les mères de famille. Un kilo de sucre est vendu à 8 000 GNF, un kilo de riz était à 6000 GNF ; maintenant, c’est à 6500 ou 7000 GNF. Tout a augmenté. Vraiment, on ne sait pas comment passer les 30 jours de jeûne du mois de Ramadan… ».

Bandjou SAMOURA, chef secteur BTGR, quartier Aviation

C’est les mêmes plaintes chez Bandjou SAMOURA, chef secteur BTGR, quartier Aviation. « Pour ce mois de Ramadan, c’est vraiment inquiétant. Le fait que ça coïncide à la présence de la pandémie, ce n’est pas comme les autres années, la situation est très critique. Actuellement, les prix des denrées alimentaires sont très chers. Sincèrement, on ne sait pas quoi faire. Quant à la prière, on peut la faire à la maison sans problème, mais ça va quand même susciter d’autres petits problèmes parce qu’il y a d’autres qui ne peuvent pas faire la prière de façon convenable. Moi par exemple ? Je suis habitué à une prière collective et si on dit cette année que chacun n’a qu’à rester chez-soi, sincèrement on ne pourra que se débrouiller. Il faut le dire, qu’en cette période de pandémie, c’est la souffrance qui prédomine, ça galère partout… ».

Mamadou Alimou Sow, vendeur au grand marché de Faranah

Pour sa part, Mamadou Alimou Sow, marchand au grand marché de Faranah, se plaint de la rareté des clients. « C’est une année exceptionnelle qu’on n’a jamais vue. J’ai commencé à faire le commerce il y a 17 ans de cela, mais cette année, c’est exceptionnel. Habituellement, à l’approche du Ramadan, la clientèle est abondante ; mais cette année, la clientèle est très rare. Avec le confinement, tu peux faire une commande à Conakry, ça va faire deux voire trois semaines sans que tu n’aies ta commande. Deuxièmement, c’est une crise totale au niveau des commerçants, des clients, dans tous les secteurs. C’est quelque chose qui est au-dessus de tout le monde ».

Enfin, Mamadou Alimou Sow conseille les citoyens de Faranah en particulier, et tous les autres, à respecter les mesures édictées par les autorités sanitaires pour ne pas contracter la maladie. « Je demande à la population de respecter les mesures barrières. Je conseille d’éviter de toucher les figures, d’éviter de toucher à tous les orifices parce qu’une fois au marché, tu vas faire les contacts on ne sait jamais, c’est pourquoi il faut laver les mains régulièrement. L’Etat aussi n’a qu’à assurer sa part de responsabilité, surtout sur les denrées de première nécessité à cette période de Ramadan. »

De Faranah, Bangoura Mamadouba pour Guineematin.com

Tel : 00224 620 24 15 13/ 660 27 27 07

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