Cela fait un mois ce vendredi que la grande prière hebdomadaire du même nom n’a pas été effectuée dans les mosquées en Guinée. Mais, ce vendredi est particulier. C’est aussi le premier vendredi du mois saint de Ramadan. Un vendredi de surcroît au mois de Ramadan pendant lequel le musulman ne s’acquitte pas de la prière du vendredi, c’est véritablement le monde qui s’effondre pour les musulmans du monde entier. C’est une situation inédite dans l’histoire de cette religion.

Alors que l’état d’urgence sanitaire et ses corollaires de restriction sont en vigueur depuis un mois, certains musulmans plaident ouvertement pour l’ouverture des mosquées. Même si c’est sous contrôle. Estimant que les interdictions et les restrictions n’ont pas empêché la propagation du virus qui ne cesse de progresser.

En tous les cas, ce mois de Ramadan de 2020 restera dans les annales de l’histoire. Mois de la trilogie, abstinence, pénitence et repentance, le Ramadan était aussi un mois de partage. A la mosquée riches et pauvres se côtoyaient au cocher du soleil pour couper le jeûne ensemble. Les mêmes se retrouvaient une heure plus tard pour un autre moment de grande communion : la prière dite de Tarawih.

Cette année c’est le retour à l’individualisme pur et dur. Chacun chez soi et pour soi. Crise sanitaire oblige. Au grand dam de tous ceux qui, pendant ce mois, étaient à l’abri du petit besoin comme celui de remplir son petit ventre. La crise sanitaire cause une autre crise. La famine, la solitude et l’incertitude constituent l’autre crise.

Outre le partage de repas et la prière commune, ce mois était aussi celui de la lecture, de commentaire et d’interprétation du Coran. Toutes ces activités sont gelées. Plongeant les fidèles dans un désarroi voire un désespoir. D’autant plus que, estiment-ils, le quatrième pilier de l’Islam était une occasion pour implorer le créateur de répandre sa miséricorde sur sa créature en mettant fin à la pandémie.

C’est d’ailleurs pour cette raison que certains pays ont assoupli légèrement les restrictions pour permettre aux fidèles de perpétuer cette tradition musulmane qui est la communion pendant ce mois. C’est le cas du Bangladesh ou le Pakistan où les élites religieuses ont mis la pression sur les gouvernements afin qu’ils assouplissent les restrictions.
Pour sa part, l’Arabie Saoudite, où se trouvent les deux premiers lieux saints de l’Islam, maintient ces restrictions. Le roi Salman se dit « affligé que le mois sacré arrive dans des circonstances nous privant d’effecteur des prières telles que le Tarawih dans les mosquées, en raison des mesures de prévention pour protéger la vie et la santé des peuples dans la lutte contre la pandémie ».

Reste à savoir si, d’ici la fin du mois, la situation aura changé positivement. Permettant éventuellement aux musulmans de célébrer la plus grande fête musulmane qui marque la fin de Ramadan. En attendant, c’est le partage et la prière commune qui ne peuvent pas se faire. Cela n’empêcher pas les musulmans qui ont des moyens de venir en aide à leurs coreligionnaires. Bien au contraire. Les érudits islamiques estiment que le sacrifice fait pendant le Ramadan est bien mais celui qui est fait en pendant une crise est encore mieux.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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