La pandémie du Covid-19 a bouleversé les habitudes et rendu les affaires compliquées à travers le monde. Tous les secteurs d’activité sont frappés de plein fouet par la crise sanitaire. Les marchands de bétail souffrent énormément des restrictions dans le secteur des transports, avec des policiers et gendarmes qui leur rendent la vie dure au niveau des barrages. Interrogé ce vendredi, 24 avril 2020, par un reporter de Guineematin.com, Boubacar Barry, responsable du parc au de Camélia, dans la commune de Dixinn, est revenu sur les difficultés auxquelles le secteur est confronté.

La crise sanitaire liée au Coronavirus et la multiplicité des barrages à l’intérieur du pays ne font pas l’affaire des marchands de bétail, confrontés à des dépenses énormes.

Boubacar Barry, responsable du parc au de Camélia

Selon Boubacar Barry, depuis l’arrivée de cette pandémie en Guinée, sa corporation souffre des agissements des policiers et des gendarmes. « Depuis que cette maladie a été annoncée, nous les marchands de moutons, de chèvres et de bœufs, nous sommes confrontés à d’énormes difficultés. Les policiers et les gendarmes nous fatiguent beaucoup. Les barrages sont érigés partout sur la route par des policiers et des gendarmes. On ne peut pas compter les barrages qui sont entre Dabola-Conakry. Au niveau de chaque barrage, nous leur donnons entre 800 mille et un million de francs guinéens avant de passer. Le problème est qu’on ne peut même pas dénombrer ces barrages. Avant, au barrage du kilomètre 36, les agents prenaient avec nous 20 mille francs guinéens. Actuellement, ils retirent avec nous 200 mille francs guinéens », a-t-il fait savoir.

Par ailleurs, monsieur Barry a expliqué que les frais de transport et de déplacement des véhicules de Conakry à Dabola ont connu une hausse étonnante. « Le transport est très cher. Avant l’arrivée de cette maladie, le transport d’un mouton ou d’une chèvre de Dabola à Conakry était fixé à 7 000 francs guinéens. Actuellement sur le même trajet, on paie 80 000 à 100 000 francs guinéens. Trouver aussi un véhicule est un autre problème. Partout où on déplaçait les camions à 1 million de francs guinéens, maintenant c’est à 3 millions. Avant, ceux qui allaient à Mali Bamako déplaçaient le camion à 6 millions de francs guinéens. Actuellement, c’est à 15 millions. Entre Kourémalé et Conakry, c’était à 800 000 francs guinéens. Maintenant, on est à 3 millions de francs guinéens ».

A cela s’ajoute que le fait que les marchands ne parviennent pas à écouler leurs produits de façon rapide. « On n’arrive pas à vendre rapidement les bêtes. On achète avec un prix élevé, en cours de route les agents nous arnaquent. Avec ça, ce n’est pas facile de revendre la marchandise à un vil prix. C’est pourquoi tout est cher. Les frais sont énormes. Dès que tu dis le prix aux clients, ils te quittent. Pourtant, ce n’est pas nous aussi. »

Au nom de ses pairs, Boubacar Barry interpelle le gouvernement sur les agissements des agents à leur encontre. « Vraiment, nous demandons au gouvernement de nous aider à enlever les multiples barrages de contrôle qui se trouvent le long de la route nationale. Ces agents postés au niveau de ces barrages fatiguent la population. Ils ne font que racketter les marchands à bétail. La police et la gendarmerie nous rendent la vie impossible actuellement », a-t-il martelé.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620 589 527/654 516 922

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