Dr Alpha Oumar Diambouria Diallo, médecin en service au centre Mère et Enfants de Kapro-rails

L’humanité a célébré ce samedi, 25 avril 2020, la journée internationale de lutte contre le paludisme. Une maladie qui constitue la première cause de morbidité et de mortalité en Guinée, tout comme dans de nombreux autres pays africains. A cette occasion, Guineematin.com a donné la parole à Dr Alpha Oumar Diambouria Diallo, médecin en service au centre Mère et Enfants de Kapro-rails. Il est revenu sur les symptômes et la prévention du paludisme.

Décryptage !

Guineematin.com : aujourd’hui, c’est la journée mondiale de lutte contre le paludisme. Une maladie tellement récurrente qu’elle semble être négligée dans nos sociétés. C’est quoi au juste le paludisme ?

Dr Alpha Oumar Diambourya Diallo : le paludisme est un problème de santé publique. Nous avons beaucoup de problèmes dans le cadre de la prise en charge et la lutte contre le paludisme. Parce que vous n’êtes pas sans savoir que le paludisme constitue la première cause de consultation dans les structures sanitaires de notre pays. Les symptômes du paludisme sont nombreux. Il y a principalement deux types de paludismes : le paludisme simple et le paludisme grave. Les symptômes du paludisme simple sont reconnaissables par des fièvres. En terme simple, le corps du patient se chauffe, il a des céphalées quelques fois, des maux de tête, anorexie, manque d’appétit, la personne est souvent fatiguée, elle vomit.

Si c’est un enfant, il a souvent des douleurs abdominales et la personne peut même avoir des diarrhées. Ce sont là les symptômes du palu simple. Dans le cadre du palu compliqué ou le palu grave, le patient peut même aller en coma, avoir une hypoglycémie, avoir une hypotension, avoir ce qu’on appelle une parasitémie très élevée, … Et, lorsque ces symptômes se présentent, si la personne n’est pas prise en charge, elle peut même perdre la vie.

Guineematin.com : comment peut-on se prémunir contre le paludisme ?

Dr Alpha Oumar Diambourya Diallo : vous savez, il y a 5 agents causales du paludisme. Mais le plus fréquent est un parasite. L’homme doit éviter de rentrer en contact avec ce parasite, en faisant quoi ? En dormant sous une moustiquaire imprégnée et éviter que des eaux usées ne se forment aux abords des habitations. Nous sommes dans une zone tropicale, c’est la saison hivernale qui s’annonce, donc un moment où le nombre de personnes atteintes du paludisme augmente. On contracte beaucoup plus le palu en cette période hivernale qu’en saison sèche.

Guineematin.com : cette journée intervient cette année à un moment où le monde est ébranlé par la pandémie du coronavirus. Une maladie qui fait oublier pratiquement toutes les autres pathologies et qui a des symptômes semblables à ceux du paludisme. Y a-t-il un risque face à cette situation ?

Dr Alpha Oumar Diambourya Diallo : le risque est grand. Comme vous pouvez le comprendre, le paludisme constitue la première cause de consultation en Afrique et particulièrement en Guinée. Quand vous prenez pour l’année 2018 par exemple, sur le plan mondial, on avait 228 millions de personnes atteintes du paludisme et 405 mille personnes en sont décédées dans le monde en cette année (2018). Ce chiffre pourrait exploser en 2020 avec cette co-morbidité qui est le Coronavirus.

Guineematin.com : devant une telle situation, quels conseils pouvez-vous donner à la population guinénne ?

Dr Alpha Oumar Diambourya Diallo : le conseil, c’est d’abord de respecter l’hygiène, utiliser les moustiquaires imprégnées, se faire prendre en charge de façon précoce dès lors que la personne constate qu’elle souffre des symptômes que je viens de citer. C’est vrai que le Covid-19 a à peu près les mêmes symptômes que le paludisme. La personne atteinte du paludisme vient souvent avec de fortes fièvres, elle vient avec l’astrophysique, elle vient avec des maux de tête, c’est typique que le Covid-19.

Ce qui est la particularité chez un patient du Covid-19, c’est que lui, a des difficultés respiratoires, il a un problème de dyspnées, telle que la grippe. Mais vous savez, les Guinéens, nous sommes confrontés à la pollution atmosphérique, il est difficile de rencontrer quelqu’un qui ne fait pas une légère grippe. Donc ce que nous demandons, c’est de respecter les barrières. Ces barrières, ce sont les moustiquaires imprégnées. C’est la meilleure façon de lutter contre le paludisme.

Entretien réalisé par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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