Les centres de traitement antituberculeux de la Guinée se trouvent être confrontés, depuis quelques semaines, à un manque criard de médicaments antibiotiques. Selon un médecin traitant de cette pathologie au centre antituberculeux de la Carrière, la rupture des médicaments contre la tuberculose est due à l’avènement du Covid-19. Cette situation inhabituelle commence à préoccuper les patients qui sillonnent les différents centres dans lesquels ils sont affectés, a appris Guineemtin.com à travers un de ses reporters.

Le Covid-19 a eu pour effet de mettre en veilleuse d’autres maladies qui frappent pourtant de plein fouet de nombreuses personnes. Selon nos informations, les produits administrés aux malades de la tuberculose sont gratuits. C’est les ONG et l’Etat Guinéen qui mettent la main dans la poche pour faire face à l’achat des produits. Mais, depuis que le Covid-19 s’est déclaré, l’Etat a d’autres préoccupations, reléguant au second plan les difficultés des tuberculeux qui n’ont que leurs yeux pour pleurer.

Un médecin qui a gardé l’anonymat a expliqué à un reporter de Guineematin.com la part de chaque acteur dans le combat contre la tuberculeuse. « Vous savez, on nous donne les médicaments antituberculeux-là cadeau. Il y a des organismes, comme Plan Guinée et d’autres ONG qui sont les bailleurs de la tuberculose en Guinée. Tous ceux-là s’associent pour payer les médicaments pour l’État guinéen. Mais le système est qu’au ministère de la Santé, tous les partenaires de ce programme s’associent pour payer 75% et l’État guinéen paye 25% pour que tout rentre en ordre. Mais, il s’avère que les partenaires ont déjà payé leur part. C’est les 25% de notre État qui restent impayés jusqu’à date », a indiqué notre source.

Poursuivant, le médecin a fait savoir qu’habituellement, c’est en fin d’année que les médicaments antituberculeux finissent, avec une marge de quelquefois. Toutefois, aucune marge n’existe cette fois-ci, aucune commande n’a été faite, coïncidant à la crise sanitaire provoquée par le Covid-19. « Les médicaments de la tuberculose pour 2019 devraient finir le 31 décembre 2019. Mais d’habitude, on laisse toujours une marge de sécurité de trois mois, c’est-à-dire janvier, février et mars 2020 est couvert en attendant que d’autres commandes n’arrivent. Mais, le fait que l’État a retardé sa part, et ça a coïncidé à l’arrivée de cette pandémie et que le temps pour l’État de se bouger, toutes les frontières étaient fermées. À l’extérieur, les partenaires ne se préoccupent plus des autres maladies, mais du coronavirus parce que c’est ce qui est urgent. Donc, même si l’État va faire quelque chose, ce ne serait pas dans l’urgence. Sinon avant dès qu’il y ait rupture, l’État pouvait commander dans l’urgence. Vous même vous le savez, aujourd’hui pour qu’un avion atterrisse chez nous, il faut beaucoup de protocoles », a-t-il précisé.

En outre, le spécialiste en traitement antituberculeux n’a pas manqué de rappeler les conséquences liées à cette rupture de médicaments pour les malades. « Nous, nous sommes des spécialistes. On nous a dit qu’on ne doit pas interrompre le traitement antituberculeux sinon, ça va provoquer une résistance dans le corps. Quand un malade est habitué à prendre ces antibiotiques et que le délai n’est pas arrivé pour la guérison, ces bactéries là peuvent se rebeller et créer une résistance dans le corps pour faire face aux médicaments que tu vas envoyer après. Nous, on reçoit les médicaments par trimestre en fonction de nos rapports. Nous, nous sommes des mécaniciens, on fait le comptage des malades et des médicaments qu’on reçoit pour établir un rapport fourni par le programme lui-même. Notre centre est considéré comme la structure mère des autres centres du pays parce que quand les médicaments finissent chez les autres, ils se réfèrent à nous », a laissé entendre le médecin.

Joint au téléphone par un reporter de Guineematin.com, un responsable de la Pharmacie Centrale de Guinée (PCG) a dit que tout est en train d’être mis en place pour soulager dans un bref délai les malades souffrant de la tuberculeuse.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-19-27

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