Le fleuve Milo, qui arrose entre-autres la ville de Kankan, est fortement affecté par les activités humaines. L’extraction de sable, la confection de briques, le dépôt d’ordures dans le cours d’eau et ses berges sont les principaux facteurs incriminés. Aujourd’hui, le Milo présente un mauvais visage, perdant chaque jour un peu plus de sa superbe. Cette situation fait oublier le projet de navigation Kankan-Bamako que le président Alpha Condé avait fait miroiter aux citoyens de la région, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Le fleuve Milo, trésor de la Haute Guinée, subi de plein fouet les agissements des habitants de la ville de Kankan et des villages environnants. Il suffit d’y faire un tour pour se rendre compte de son état de dégradation poussée.

Ce cours d’eau qui attirait par sa navigabilité, la douceur de son eau et la qualité des poissons qu’on pouvait y pêcher, est de se mourir à petit feu sous l’effet des actions anthropiques. Des tas d’ordures jetés par des citoyens ça et là, des fours artisanaux pour la fabrication locale de briques, l’extraction incontrôlée du sable ont fini par assécher le Milo, réduisant considérablement son lit.

Un citoyen rencontré à quelques mètres du fleuve, sous couvert d’anonymat, a dénoncé les agissements des citoyens et invité les autorités à prendre leurs responsabilités. « Je suis ici depuis 16 ans. Mais avant, quelque le tarissement du fleuve, ça ne dépassait jamais ce niveau. Il y a des gens qui viennent pour simplement se laver, d’autres aussi viennent nuitamment pour jeter des ordures, d’autres conduisent même des charrettes remplies d’ordures pour les déverser ici. C’est ça qui dégrade l’environnement. Les autorités doivent mettre en place une équipe de contrôle qui doit travailler matin et soir. Cette équipe doit veiller sur les lieux pour pouvoir interpeller ceux qui viennent jeter des ordures ici. Avant, l’eau du Milo était buvable, mais tel n’est plus le cas de nos jours », a-t-il laissé entendre.

Au contact avec cet environnement malsain, l’on respire une odeur nauséabonde. Du côté des deux rives du Milo, des fabricants de briques sont pleins d’entrain, contribuant à leur façon à détruire cet univers. Pourtant, le chef de l’Etat avait promis des machines aux confectionneurs de briques pour ne plus qu’ils travaillent avec des fours artisanaux. Autant en emporte le vent.

Quand aux extracteurs de sable, ils continuent à s’attaquer au lit du fleuve Milo. Munis de toutes sortes de récipients, ils plongent en profondeur et à l’aide de récipients, ils ressortent toujours avec de grandes quantités de sable, destinés à être stockées en bordure du fleuve en attendant la venue des camionneurs.

La pêche qui se pratiquait sur le fleuve n’est plus qu’un lointain souvenir.

Les multiples tentatives de joindre les autorités en charge de la protection de l’environnement sont restées infructueuses.

Selon de nombreux observateurs, si rien n’est fait, le fleuve Milo risque de disparaître. Que ne nous avait-on pas promis sur la reprise des voyages sur le bateau entre Kankan et Bamako ?

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin