Mamadou Safayiou DIALLO, analyste Economique

Nous célébrons cette année la fête du travail dans un contexte de crise sanitaire marqué par l’apparition du Covid-19. Même si pour le moment il est tôt d’évaluer les effets négatifs du Coronavirus sur l’activité économique, notre économie subit de plein fouet l’impact de ce dernier car, à date des secteurs comme le tourisme, l’hôtellerie, le transport, la culture, le commerce, entre autres, sont durement affectés. Notre croissance économique soutenue sur ces dernières années risque d’être freinée et réduite de moitié si jamais nous ne plongeons pas dans la récession économique.

Au lieu de célébrer le travail, nous aurions pu mettre cette journée à profit pour évoquer des sujets d’envergure nationale notamment le chômage et ouvrir ainsi un vaste chantier sur la problématique de l’emploi en Guinée en montrant ce que nous pouvons faire pour maintenir ne serait-ce que les emplois créés dans cette situation difficile.
Si rien n’est fait, nous risquons de rentrer dans un chômage technique, mais aussi d’assister à des plans sociaux dans certaines entreprises ou encore des licenciements en cascade en raison de la baisse de l’activité économique. Quant au secteur informel sur lequel repose d’ailleurs l’essentiel des revenus de la majeure partie des guinéens, il reste et demeure menacé en raison de la propagation à rythme exponentiel du Covod-19.

A notre humble avis, cette crise sanitaire nous montre la voie à suivre et nous rappelle qu’il est important d’investir dorénavant dans le secteur de la santé car, il va nous permettre de renflouer une trésorerie essentielle au développement économique et éviter aux guinéens de se rendre à tout moment dans les pays voisins et lointains pour des soins. Cet investissement permettra également aux jeunes dont 50% ont moins de 30 ans (cf. enquête démographique réalisée en 2016 par le Ministère du Plan) de trouver une opportunité d’emploi car, le chômage est un phénomène structurel qui frappe davantage les personnes âgées de 20 à 29 ans et surtout ceux diplômés.

En somme, dans un pays en développement comme la Guinée, les perspectives et le modèle de développement économique, social et politique des décennies prochaines dépendront notamment de notre aptitude à créer un nombre suffisant d’emplois décents, susceptible de réduire le chômage et la pauvreté. De nos jours, s’attaquer à la problématique du chômage semble être indispensable en République de Guinée car, les jeunes sont les plus concernés par ce phénomène. Ils sont soit sans emploi, soit cantonnés dans des emplois très peu rémunérés, voire pas du tout rémunérés, appartenant souvent au secteur de l’économie informelle où les heures et les conditions de travail sont inacceptables…

Mamadou Safayiou DIALLO, Analyste Economique

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