« A l’approche de l’élection présidentielle, prévue à l’automne 2020, la répression s’est sensiblement accrue ces derniers mois, les autorités procédant à des arrestations arbitraires des membres du FNDC, des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme, interdisant de manière quasi-systématique les manifestations organisées par les opposants au troisième mandat et enjoignant aux forces de sécurité – y compris des unités militaires – de faire un usage excessif de la force, causant de nombreux morts et blessés parmi la population civile et d’importants dégâts matériels »…

Comme annoncé précédemment, en application de l’article 15 du statut de Rome, les avocats français du Front national pour la défense de la constitution (FNDC) viennent de saisir la Cour Pénale Internationale sur « la situation extrêmement préoccupante » dans laquelle se trouve actuellement la Guinée. Dans la lettre adressée au procureur de la Cour Pénale Internationale, ces avocats du barreau de Paris soutiennent qu’en menant une répression violente contre l’opposition, « le gouvernement du président Alpha Condé s’est rendu coupable de violation graves et répétées de droits fondamentaux d’une partie de la population » guinéenne. Tout en faisant remarquer que la situation va chaque jour de mal en pire dans ce pays, Me William Bourdon et ses pairs soulèvent l’inquiétude de la communauté internationale de voir la Guinée sombrer de nouveau dans « une spirale de violences susceptibles de mener à des crimes encore dramatiques », à l’image des faits (meurtres, viol…) commis le 28 septembre 2009 par la junte militaire dont la CPI est déjà saisie depuis des années. Ils accusent aussi les autorités de Conakry de malmener constamment les libertés civiles et politiques, d’attiser les « divisions sociales et ethniques » et de « réprimer dans la violence toute forme d’opposition » au régime actuel dans le pays.

« A l’approche de l’élection présidentielle, prévue à l’automne 2020, la répression s’est sensiblement accrue ces derniers mois, les autorités procédant à des arrestations arbitraires des membres du FNDC, des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme, interdisant de manière quasi-systématique les manifestations organisées par les opposants au troisième mandat et enjoignant aux forces de sécurité – y compris des unités militaires – de faire un usage excessif de la force, causant de nombreux morts et blessés parmi la population civile et d’importants dégâts matériels », lit-on dans cette lettre en date du 29 avril 2020.

Pour les avocats parisiens du FNDC, ces abus commis par le régime d’Alpha Condé sont susceptibles de « revêtir la qualification de crimes contre l’humanité ». Et, depuis le 14 octobre 2019, écrivent-ils dans cette lettre de 51 pages, il est possible de dénombrer au moins 47 victimes, tuées par les forces de l’ordre dans le cadre des manifestations d’opposition contre le troisième mandat du Président Alpha CONDE. « Il y a lieu de relever que les victimes des massacres de N’Zérékoré, estimées à une cinquantaine, dont certaines ont été nuitamment enterrées dans une fosse commune en pleine forêt, ne font pas partie de cette liste de 47 », précisent-t-ils.

Guineematin.com vous propose ci-dessous l’intégralité de cette lettre qui a été adressée au procureur de la Cour Pénale Internationale :

Plainte du FNDC à la CPI, Alpha Condé accusé de « crimes contre l’humanité »

Document transmis par Sékou Koundouno, responsable des Stratégies du FNDC

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