Après l’adoption de la nouvelle constitution et l’installationeffective de l’assemblée nationale, le pouvoir se frotte les mains. Il a atteint son double objectif. Même si, comme on le voit avec la saisine de la Cour pénale internationale par le FNDC, l’adversaire n’a pas dit son dernier mot. Cette publicité dont la Guinée se serait passée bien volontiers, est la preuve que le vainqueur du duel a encore de soucis à se faire. Pour le moment, il est largement favorisé par la crise sanitaireinternationale qui a occulté tous les autres sujets du moment.

Dans le contexte actuel, la seule possibilité qui s’offre à l’opposition est le recours aux institutions internationales. Faire du lobbying comme elle l’a fait avec la plainte à la CPI. Les manifestations sont inopportunes voire incongrues en ce moment. Partout dans le monde, l’heure est à la trêve à l’exception du Liban. L’opposition guinéenne en est consciente. Elle est obligée de se conformer à l’ordre mondial,la mort dans l’âme.

Place donc aux pressions externes pour qu’après la crise, l’étau se resserre sur le régime de Conakry. Mais il est fort à craindre, là aussi, que l’étendue des dégâts causés par la crise sanitaire ne vole la vedette pour longtemps encore à la diplomatie. Sortis de cette crise, les Etats sur lesquels l’opposition peut compter auront d’autres chats à fouetter que de ses mêler d’une autre crise artificiellement créée dans un pays. La récession et le chômage, avec leurs corolaires de contestations, seront la priorité des priorités de tous les Etats.

Ce qui fera l’affaire des pouvoirs autocratiques. Lesquels ne manqueront pas de tirer profit de cette période où chacun neprêchera pour sa chapelle pour museler l’opposition et tous ceux qui s’opposeront à la pensée unique. C’est vrai que, pour le cas de la Guinée, l’opposition aura un atout : celui de la guerre de succession qui va commencer. Si ce n’est déjà le cas. Il y a  les prémisses de cette guerre de succession dont les fronts risquent de se multiplier dans les mois qui viennent.

A cela il faudra ajouter l’inévitable crise économique post crise sanitaire à cause de laquelle les partenaires au développent ne vont pas se bousculer à la porte Guinée.Surtout après le fiasco concernant le fameux plan de ripostecontre le COVID-19. Il y aura donc inévitablement une grogne sociale que l’opposition ne manquera pas de récupérer et d’exploiter à fond.

La trêve ne dura que tant que durera la crise sanitaire. Au lendemain de la délivrance, avec la proclamation de la fin de la crise sanitaire, les Guinéens renoueront avec la crise politique. Avec un pouvoir dont les méthodes autocratiques ont fait leur preuve devant une opposition complétement déboussolée, il faut craindre le pire avec la reprise des manifestations.

Pour le moment, deux choses semblent être incompatibles : la candidature du sortant en 2020 et l’apaisement. Or on voit mal le pouvoir faire tout ce qu’il a fait jusqu’ici pour présenter à la fin un autre candidat que le sortant. Ce qui, pour l’opposition,devenue extraparlementaire, est hors de question. Cette opposition va continuer à exiger la trilogie : retour à la constitution de mai 2010, la non candidature du sortant et un nouveau fichier électoral. Toutes choses devenues caduquespour le pouvoir.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin