Sidy Diallo, secrétaire général du syndicat des professionnels de la presse privée de Guinée

La Haute Autorité de la Communication (HAC) a vu le mandat de ses commissaires arriver à son terme. Désormais, l’heure est aux tractations dans les instances censées fournir des représentants pour meubler la composition de l’institution de régulation des médias en Guinée. C’est dans cette dynamique que la tension est entrain de monter, notamment avec le Syndicat de la Presse Privée de Guinée (SPPG) qui réclame une des cinq places réservées aux associations de presse, dénonçant une main basse des patrons de presse sur lesdites places, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Sidy Diallo, secrétaire général du SPPG, n’est pas d’accord avec certains responsables des associations de la presse, « qui ne défendent que les intérêts des patrons de presse ». Cette réaction fait suite à l’interview accordée à Guineematin.com par Sanou Kerfala Cissé, président de l’Union des Radiodiffusions et Télévisions Libres de Guinée (URTELGUI, dit qu’au terme de la Loi sur la Presse et celle sur la HAC, le syndicat n’a pas de place à réclamer.

C’est ce qui a fait sortir Sidy Diallo de ses gonds. « Si le président de l’URTELGUI a sa loi à lui qui nous interdit d’aller à la HAC, laissez-nous vous dire que la loi guinéenne n’est pas le Coran, ce n’est non plus la Bible. La loi est modifiable. Vous avez vu cette année, après toutes les manifestations qui ont enregistré même des cas de morts, la constitution a été changée. Alors, s’il y a une loi qui ne nous permet pas d’aller à la HAC, qu’est ce qui empêche de la modifier ? Tout ce que nous savons, le syndicat est bel et bien une association. On est une association avant d’être un syndicat. Donc, tout ce qui nous choque aujourd’hui, c’est le fait qu’il n’y ait que des patrons de médias qui sont à la HAC et qui prennent des décisions sans nous les employés de presse. Or, on ne peut jamais parler de communication ou d’information sans les employés de presse qui sont des travailleurs véritables. Dans les autres pays, la HAC se constitue de journalistes et de techniciens et les patrons viendront peut-être en deuxième position. Mais, chez nous ici, il n’y a que des patrons qui nous représentent ; et, ils prennent des décisions sans nous ».

D’ailleurs, Sidy Diallo rappelle que c’est l’indifférence des patrons de presse, représentés à la HAC, qui a fait que les journalistes ont été obligés de hausser le ton face à ce qu’ils subissent. « Ces derniers temps, on a connu des manifestations et beaucoup de mécontentements parce que ceux qui sont là-bas ne défendent que leurs intérêts à eux et non celui des travailleurs. Voilà pourquoi nous exigeons qu’on ait quelqu’un à la HAC. Quand vous prenez par exemple ces associations de presse que sont l’URTELGUI, l’AGEPI, l’AGUIPEL et autres, ce sont des associations qui ne regroupent que des patrons de presse, il n’y a aucun journaliste reporter ou technicien. Il ne faut pas parler comme si on s’adresse à des gens qui ne réfléchissent pas. Aujourd’hui, la seule structure où les employés de presse se reconnaissent, c’est le syndicat. Les autres ne sont que des syndicats des patrons. Et, on parle de représentativité à la HAC… ».

Devant les nombreux blocages, Sidy Diallo compte opter pour la carte du Président Alpha Condé en vue d’y trouver une solution. « Notre appel passe désormais au-delà du ministre de la Justice parce qu’il a été touché par ces mêmes patrons-là. Ce sont les mêmes patrons qui sont allés le voir pour dire que le syndicat n’a pas sa place au sein de la HAC. Ils sont allés jusqu’à dire que le syndicat n’est pas représentatif. Maintenant, notre appel va à l’endroit du président Alpha Condé. C’est lui qui va prendre la dernière décision avant que cette nouvelle HAC ne soit installée. Donc, nus l’interpellons de tenir compte des employés de presse. Nous voulons un représentant des employés de presse, journalistes et techniciens y compris. Toutes les 5 places à la HAC ne peuvent pas être occupées par des responsables de médias. Nous sommes aussi en train de voir s’il faut attaquer la décision du ministère parce qu’il a décidé de reconduire les mêmes associations qui sont là depuis des années, comme s’il n’y a aucune autre structure. ».

Alsény KABA pour Guineematin.com

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