Jacques Léno, responsable adjoint du syndicat des conducteurs de taxis motos de la Cimenterie

La situation est tendue actuellement entre les conducteurs de taxis motos basés au rond-point de la Cimenterie, dans la préfecture de Dubréka, et les agents de la police déployés sur les lieux. A l’origine de cette tension, la menace des policiers de déguerpir les taxi-motards de leur lieu de stationnement pour cause du non-respect de la distanciation sociale. Un des gestes barrières visant à lutter contre la propagation du coronavirus dans le pays. Cette menace a mis en colère les conducteurs de taxis motos, qui se disent prêts à « affronter » les policiers, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Selon Jacques Léno, le responsable adjoint du syndicat des conducteurs de taxis motos de la Cimenterie, ces éléments n’accepteront jamais de quitter les lieux. Car, dit-il, ils respectent strictement les mesures barrières édictées dans le cadre de la lutte contre la propagation du Covid-19. « Pendant que nous souffrons des conséquences de cette pandémie de Covid-19 qui sévit dans le pays, les agents de forces de l’ordre se permettent de tout dans notre zone. Pour rien du tout, ils viennent ce matin pour nous dire que nos éléments ne respectent pas la distanciation sociale dans le stationnement des motos.

Et que par conséquent, ils vont nous déloger de notre lieu de stationnement. Mais, nous disons que s’ils tentent de le faire, ce jour-là, il y aura peut-être beaucoup de morts ou de blessés à la Cimenterie ici parce que nous sommes prêts à l’affrontement. Nous sommes déjà confrontés à une galère énorme depuis l’arrivée du Covid-19 dans le pays. Donc, nous n’accepterons pas que des individus soi-disant agents des forces de l’ordre viennent nous rendre la vie impossible », a dit le syndicaliste.

Mamadou Diallo, conducteur de taxi moto au Carrefour-Cimenterie

Même son de cloche chez Mamadou Diallo, un autre taxi-motard basé au rond-point de la Cimenterie. « Nous avons toujours respecté les gestes barrières exigés par les autoritaires sanitaires du pays, parce que nous sommes conscients de la dangerosité de cette maladie. Si maintenant ces gens qui disent qu’ils sont des agents de police, viennent menacer de nous déguerpir de notre zone de travail sous prétexte que nous ne respectons pas la distanciation sociale, nous les attendons. Ils verront que nous sommes prêts à les affronter quelles que soient les armes qu’ils détiendront pour nous intimider. Nous en avons marre des rackets qu’ils nous font subir à tout moment. S’ils le tentent, ils nous trouveront sur leur chemin », prévient-il.

Mohamed Bangoura, conducteur de taxi moto

De son côté, Mohamed Bangoura, également conducteur de taxi moto à la Cimenterie, estime que les policiers ne sont pas en mesure de mettre en application leur menace. « Nous avons tout accepté de ces agents de police, qui parfois, viennent nous intimider pour nous soutirer de l’argent, malgré la galère que nous vivons actuellement. Maintenant, ils veulent nous déguerpir de notre lieu de travail en trouvant pour argument que nous ne respectons pas la distanciation sociale. Mais, nous disons que cette menace des agents est mort-née. Personne ne pourra nous déguerpir d’ici parce que c’est là que nous gagnons notre vie », a laissé entendre le jeune homme.

Léon Kolié pour Guineematin.com

Tel : 661 74 99 64

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