Malgré la lutte acharnée et les acquis supposés après la victoire contre Ebola, la Guinée n’était pas préparée à affronter le Covid-19. Telle est la conclusion d’une enquête réalisée dans notre pays par le Centre d’Excellence Africain de Prévention et Contrôle des Maladies Transmissibles en Guinée (CEA-PCMT).

Une initiative qui s’inscrit dans le cadre de la mise œuvre du plan national de riposte contre le Coronavirus en Guinée, en partenariat avec l’Agence Belge de Développement (ENABEL), à travers l’appui du Royaume de Belgique et de l’Union Européenne. Les résultats de cette enquête ont été rendus publics ce jeudi 7 mai 2020, à Conakry a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Après un mois d’enquête sur le terrain, sur le 8 districts sanitaires du pays, le CEA-PCMT a procédé à la présentation des résultats de l’étude sur l’évaluation du niveau de propagation du Covid-19 en Guinée.

Madame Krista VERSTRAELEN, représentante résidente de ENABEL en Guinée

Dans son discours, madame Krista VERSTRAELEN, représentante résidente d’ENABEL en Guinée, a exprimé son inquiétude face à la propagation de l’épidémie dans notre pays. Elle a également révélé ce qui a été fait par son institution pour faire face à l’urgence sanitaire actuelle. « Endiguer le mal du Covid-19 ne relève pas simplement de la nécessité. Il s’agit également d’une urgence. C’est au nom de cette urgence et dans le cadre du plan national de riposte de la Guinée que depuis plusieurs semaines, sur financement du Royaume de la Belgique et aussi de l’Union européenne, tous les projets mis en œuvre par ENABEL se mobilisent à travers la production et la diffusion des messages de sensibilisation, l’appui aux ONG et associations locales engagées sur le terrain, la fourniture de milliers de masques et kits hygiéniques aux ménages (…) C’est dans la continuité de ces efforts qu’ENABEL a soutenu techniquement et financièrement, la réalisation d’un diagnostic situationnel rapide dont les résultats sont présentés aujourd’hui. Il s’agit, en effet, d’une étude quantitative et qualitative, qui décrit le niveau de préparation de la Guinée face à la pandémie du Covid-19 », a-t-elle indiqué.

Pr. Alexandre Delamou, directeur du CEA-PCMT

Pour sa part, Professeur Alexandre Délamou, directeur du Centre d’Excellence Africain de Prévention et Contrôle des Maladies Transmissibles en Guinée, a fait savoir son organisme a effectué cette enquête dans les 5 communes de Conakry et les 8 autres districts sanitaires du pays. Il s’agit des districts de Kindia, Mamou, Mali, Kankan, Siguiri, N’Zérékoré et Lola. « L’objectif de cette enquête était d’avoir une idée globale sur ce que les Guinéens pensent de cette pandémie en termes de connaissances, en termes d’attitude, et en termes de pratiques ; mais aussi, d’analyser le niveau de préparation de notre système de santé. Les résultats ne sont pas très surprenants dans la mesure où globalement on a compris que le système de santé n’était pas très préparé à faire face à cette épidémie qui est nouvelle et qui connait une croissance très rapide dans le pays. La plupart des signes de moyens de transmission ne sont pas très connus par la population et également nous avons noté que la perception du risque de la maladie est assez faible au sein de la communauté », a-t-il relevé.

Pour la gestion rapide de cette pandémie, Professeur Alexandre Délamou a formulé des recommandations : « de la formation du personnel de santé sur la reconnaissance des symptômes de la maladie, mais aussi la formation du personnel sur les mesures de prévention et de contrôle des infections. Nous avons également formulé des recommandations sur la communication. La communication en direction du personnel de santé, mais aussi la communication en direction du grand public pour briser les fausses perceptions sur la maladie ».

Delphine Perremans, chargée d’affaires à l’ambassade de la Belgique en Guinée

Présente à cette cérémonie, Delphine PERREMANS, chargée d’affaires à l’Ambassade du Royaume de la Belgique en Guinée, a laissé entendre qu’il y a beaucoup à faire sur le terrain à cause de nombreuses lacunes révélées par l’enquête. « Quand on parle de gestion d’une crise, on parle aussi de préparation d’une crise. Et donc, cette étude réalisée à travers des enquêtes aussi bien à Conakry qu’à l’intérieur du pays a permis de faire un peu un état des lieux de la préparation par rapport à la crise Covid-19, donc sur l’éventualité d’une propagation plus massive en dehors de Conakry. Force a été de constater qu’ici, aussi bien niveau des connaissances que des pratiques du personnel de santé, mais également du matériel disponible au niveau des structures sanitaires, qu’il existe énormément de lacunes. Donc, même si on a essayé de bâtir sur les acquis de l’apprentissage de la période d’Ebola, malheureusement il y a encore beaucoup de travail à faire, notamment parce que l’épidémie actuelle est différente de l’épidémie d’Ebola. Donc, avec le ministère de la Santé et l’ANSS qui étaient représentés aujourd’hui, l’idée est de faire une diffusion très large des conclusions et des recommandations de ce rapport afin d’orienter les partenaires technique et financier dans leur appui pour riposte au Covid-19 », a-t-elle indiqué.

Les représentants de l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSS) et du ministère de la Santé ont tous salué la qualité du travail fait sur le terrain par l’CEA-PCMT et encouragé d’autres partenaires à en faire autant.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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