Pour freiner la propagation du Covid-19 en Guinée, les autorités ont décidés de diminuer le nombre d’occupants des engins roulants. Si pour les taxis le nombre de passagers est passé de 5 à 3 personnes, chez les mototaxis, il est défendu de prendre deux passagers. Mais à Kindia, cette mesure est loin d’être respectée par les taxi-motards qui évoquent des raisons de pertes de revenus pour justifier la violation de la mesure, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Pour subvenir à leurs besoins, de nombreux ces jeunes pratiquent le métier de taxi-moto à Kindia. Toutefois, ils sont souvent réfractaires quant à l’application des mesures barrières édictées parles autorités sanitaires pour lutter contre le Covid-19.

Mamadou Sow

Interrogés ce vendredi, 08 mai 2020, certains d’entre eux ont expliqué les raisons d’une telle attitude. C’est le cas de Mamadou Sow, qui évoque une manière de gagner un peu plus à cette période de galère. « C’est dommage ce que nous sommes entrain de faire. Malgré la présence de ce virus, on est obligé parfois de prendre deux personnes derrière nous. C’est juste pour qu’on ait la recette du jour et gagner de quoi manger parce que ça galère trop. Et malgré la situation, les policiers sont là à nous racketter chaque jour. S’ils nous arrêtent, ils ne demandent même pas les dossiers. Et même s’ils le demandent, c’est juste pour la forme. Après on te dit, petit donne-moi un peu. En plus de ça, il y a aussi le syndicat qui nous fatigue avec leur ticket. Donc vu tout ça, on est obligé de prendre deux personnes derrière, surtout quand il s’agit du déplacement pour les villages dans des communes rurales. Mais tout cela, c’est la faute au gouvernement guinéen qui ne met aucune stratégie en place pour répondre aux attentes des citoyens. Chez les autres, ce n’est pas ce qu’on voit. Là-bas tu peux même rester à la maison et être satisfait par l’Etat en cette période de la pandémie. Mais ici le gouvernement ne fait absolument rien pour la population », a lancé Mamadou Sow.

Boubacar Bah

C’est le même son de cloche chez Boubacar Bah, taxi-motard qui se plaint de la baisse de sa recette journalière. « Ici par tronçon, un passager paye 2500 à 3000 francs guinéens. Et il est difficile d’avoir le déplacement de deux personnes qui partent en brousse comme d’habitude. Ce qui veut dire que la clientèle se fait rare. Alors, si on ne profite pas pour prendre de fois deux passagers, on ne peut rien avoir comme intérêt. Et si tu demandes à un passager de payer 5000 francs guinéens pour un tronçon, il va se plaindre qu’il n’y a pas d’argent. Et nous aussi, on a des comptes à rendre. A l’heure-là, il est difficile d’avoir 50 000 GNF comme recette par jour. Pourtant, on gagnait 80 à 100 000 GNF avant le coronavirus. Voilà un peu ce qui nous oblige de passer outre cette décision », a-t-il confié.

Au-delà du non-respect de cette règle interdisant la prise de deux passagers, le constat révèle que les jeunes conducteurs de Kania ne respectent pas les mesures de distanciation sociale dans les carrefours de stationnement.

Mohamed M’bemba Condé pour Guineematin.com

Tél. : 628 51 88 88

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