Tafsir Besseyah Diallo

Les impacts économiques de la pandémie du coronavirus n’épargnent pas les centres de mémorisation du saint coran. Le secteur est frappé de plein fouet par la crise au point que certains envisagent de fermer définitivement leurs foyers coraniques, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

En plus des pertes en vies humaines, le Covid-19 entraîne de graves conséquences économiques dans le monde. En Guinée, aucun secteur pratiquement n’est épargné par les impacts de cette maladie. Au nombre des victimes, on retrouve les responsables des centres de mémorisation du coran. Ils ont dû fermer leurs établissements, qui étaient la seule source de revenu pour beaucoup d’entre eux. Oustaz Tafsir Besseyah Diallo, fondateur d’un centre de mémorisation du saint coran situé à Coyah, déplore leur abandon par le gouvernement.

« Depuis que l’état d’urgence sanitaire est rentrée en vigueur en Guinée, nous avons fermé nos centres de mémorisation du saint coran et renvoyé nos apprenants. Mais, nous avons constaté que le gouvernement n’a pas pris nos centres en compte dans son plan de riposte contre le Covid-19. Il nous a complètement oubliés, abandonnés. Alors que nous aussi nous jouons un rôle important dans l’éducation des enfants. Aujourd’hui, de Conakry à Coyah, on peut compter une centaine de centres de mémorisation du saint coran.

Tous ceux qui travaillent dans ces centres vivent de leur travail. Parce que les parents des apprenants nous payaient des petits montants qui nous permettaient de joindre les deux bouts. Maintenant que nous avons renvoyé les apprenants chez eux, nous n’avons plus rien. Je connais une dizaine de responsables de centres de mémorisation du coran qui sont des amis, ils ont de sérieux problèmes aujourd’hui. Même les frais de location des centres, certains ne parviennent plus à les trouver

Dans nos centres, nous enseignons toutes les disciplines liées au coran, nous donnons également des cours de français aux apprenants parce qu’ils ne doivent pas apprendre que l’arabe et le coran. Il faut aussi apprendre la langue officielle de leur pays. Si avec tout avec tout ça on peut nous oublier, je pense que c’est grave », soutient-t-il.

Face à cette situation difficile, ajoute notre interlocuteur, chacun cherche sa propose solution. « Certains prennent des dettes avec les parents des apprenants parce qu’il y a la confiance entre eux. A la reprise des activités, ces montants seront considérés comme des avances. Mais, imaginez ce que cela va faire lorsque les choses vont reprendre. D’autres même cherchent à rendre leurs centres, faute de moyens », a-t-il indiqué, avant de lancer un appel pressant. « Nous demandons aux bonnes volontés de nous venir en aide puisque nous n’avons plus d’espoir que le gouvernement va faire quelque chose pour nous », a lancé ce maître coranique.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tel: 622919225

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