Dès le début de l’épidémie en cours, l’Organisation mondiale de la santé a appelé l’Afrique à se préparer au pire. Plus tard, le secrétaire général des Nations Unies a indiqué sur la chaine France 24 qu’il pourrait y avoir des dizaines et des dizaines de millions de morts en Afrique. Ce qui a suscité une vive indignation sur les réseaux sociaux. La plupart des Africains, dénonçant les oiseaux de mauvais augure, ont répliqué que le patron des Nations Unis devait s’occuper de son Espagne natale aux prises avec une crise sans précédent.

Heureusement, ces prédictions apocalyptiques pour l’Afrique n’ont pas encore eu lieu. Devant le taux insignifiant du nombre de cas sur le continent, comparé à celui du reste du monde, certains Africains commencent déjà à tirer des conclusions hâtives. Comme si la crise était derrière nous. Erreur monumentale. Face à l’incapacité du continent à faire face à une crise d’une telle ampleur que nous avons observée en Europe et aux Etats-Unis, la prévention reste et demeure de mise.

Or, à ce niveau la situation est différence selon les pays, la maturité ainsi que le niveau de formation des citoyens. Dans certains pays, les citoyens ont un niveau de formation et de civisme qui leur permet de comprendre les enjeux et les dangers liés à cette pandémie. Dans d’autres, en revanche, le niveau est tel que la sensibilisation devient un coup d’épée dans l’eau.

Malheureusement, la Guinée est dans ce deuxième cas. Il n’y a qu’à observer ce qui se passe pour se rendre compte du danger qui nous guette. Au niveau du port masque et les autres gestes barrières par exemple, il y a deux Guinée : celle qui observe strictement les mesures de prévention préconisées par les autorités sanitaires et celle qui n’en a cure. Dans l’Administration, tant publique que privée, le port de masque est appliqué à la lettre. En revanche au niveau de l’homme de la rue, la situation est totalement différente.

D’abord, la plupart – pour ne pas dire la totalité- des masques ne répondent pas aux normes. Le plus souvent c’est un simple morceau de tissu qui est cousu par n’importe qui et n’importe comment uniquement pour ne pas avoir des soucis avec les agents de sécurité. Pire, ce masque est porté pendant plusieurs jours et visiblement non lavé. Si bien qu’il pourrait être paradoxalement source d’autres maladies. Y compris le virus contre lequel il est porté.

Ensuite ce masque est mal porté. Parfois il est suspendu au front. Dans d’autres cas il devient un collier. Ou il cache le menton. Mais jamais la bouche et le nez, comme il se doit. Si c’est le port de ce masque qui doit nous mettre à l’abri de ce mal, il est fort à craindre que le pire ne soit non pas derrière mais devant nous. Or, contrairement au port de casque pour les conducteurs d’engin à deux roues, où c’est la sécurité du seul conduire est en jeu, ici il est question de la sécurité et de la santé collectives. C’est pourquoi c’est un combat que tous doivent mener.

Comme l’ont fait d’autres pays, l’Etat guinéen ne devait pas s’arrêter à exiger le port de masque. En tant que garant de la santé et de la sécurité de la population, il doit fournir des masques répondant aux normes à la population. Ensuite recourir dans un premier temps à la carotte pour rendre le port obligatoire. Mais si nécessaire manier le bâton. Malheureusement ce que nous observons c’est un faire-semblant.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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