Maître Abass Bangoura, Directeur Général du Bureau Guinéen des Droits d’Auteur (BGDA)

Les artistes guinéens sont durement affectés par les conséquences économiques de la pandémie du coronavirus. Alors que les concerts et toutes les autres activités leur permettant d’avoir de l’argent sont suspendus, ces Hommes de culture peinent aussi à rentrer en possession de leurs droits d’auteur. Une situation qui préoccupe le bureau guinéen des droits d’auteur, assure son président Me Abass Bangoura.

Au cours d’une interview qu’il a accordé à Guineematin.com ce lundi 11 mai 2020, le responsable du BGDA a annoncé que sa structure travaille avec le ministère en charge de la culture pour que les artistes puissent recevoir ce qui leur revient de droit.

« Après Dieu, il n’y a que des artistes qui créent. Ils creusent leur cervelle pour mettre les œuvres au monde. L’utilisation de ces œuvres doit leur permettre de survivre. Mais, si toutes les situations se réunissent empêchant l’utilisation de ces œuvres à bon escient, vous pouvez alors imaginer le reste. Actuellement, il n’y a pas de spectacles, pas de concerts, même les mariages et les baptêmes où ils vont pour se faire de l’argent sont interdits. Il faut donc venir en aide aux artistes. A notre niveau, nous faisons l’objet de beaucoup de pression de part et d’autre.

Nous sommes en train de nous battre, de concert le ministère, pour que leurs redevances se donnent comme ça se passe dans les autres pays. En attendant que de nouvelles mesures ne suivent, nous voulons que les redevances qui se paient chaque année soient payées pour qu’ils (les artistes) s’adossent à cela. Notre souhait le plus ardent, c’est que cela soit réglé le plutôt que possible parce que l’heure est grave. Car avec ce mois de ramadan, si cela est fait, ça va être un grand ouf de soulagement pour eux. Et au ministère, et au BGDA, on en fait une affaire personnelle », a-t-il laissé entendre.

Selon Maître Abass Bangoura, le principal obstacle au paiement des droits d’auteur réside dans la lourdeur administrative liée au déblocage des fonds. Toutefois, il dit avoir échangé avec les services techniques du ministère du Budget qui prennent en main la situation afin que les choses avancent le plus vite possible. Quant aux médias privés qui jouent de la musique sans payer les droits d’auteur, le directeur général du BGDA les appelle à la conscience professionnelle. Pour lui, au-delà de l’application de la loi, les médias concernés devaient penser aux difficultés rencontrées par les artistes dans le cadre de l’exercice de leur métier.

Alsény KABA pour Guineematin.com

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