Les salaires des enseignants grévistes, affiliés au Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG), pourraient être débloqués très prochainement après quatre mois de galère. Cette lueur d’espoir qui se profile à l’horizon est née de la crise socio-économique entraînée par la propagation du Covid-19 et de l’annonce de la suspension de ladite grève. Joint au téléphone ce lundi, 11 mai 2020, par un reporter de Guineematin.com, Amara Mansa Doumbouya, membre de la cellule de communication du SLECG parle de rumeurs et souhaite que le déblocage devienne une réalité.

Même si les négociations se poursuivent pour trouver une solution au blocage des salaires des enseignants, en grève depuis le 09 janvier 2020, Amara Mansa Doumbouya dit n’avoir aucune information officielle sur le sujet. « Il n’y a pas d’informations fiables par rapport au dégel de nos salaires. Nous relevons des structures déconcentrées que son les DCE. La DCE de Matam, qui est la plus proche, me dit qu’il n’y a aucune information à son niveau. J’ai appelé le département, on me dit qu’il n’y pas d’information. Tout ce qu’on me dit là-bas, c’est que le département a adressé un courrier à la Primature et qu’ils attendent une réponse de la part du Premier ministre. Donc, tout ce qu’on apprend pour le moment relève des rumeurs. Et nous souhaitons que ces rumeurs permettent aux enseignants d’avoir leurs salaires, on espère que cela soit une réalité », a-t-il laissé entendre.

Interrogé sur la levée du mot d’ordre de grève, jusque-là suspendue, Amara Mansa Doumbouya dit que la base décidera. « Une structure syndicale se bat toujours pour l’amélioration des intérêts moraux et matériels de ses syndiqués. Ce n’est pas parce qu’aujourd’hui ils vont dégeler notre salaire que nous allons abandonner la grève. Ils ont gelé et on a fait combien de mois dans la souffrance ? Si demain ou après demain, la base nous demande d’aller en grève, nous allons le faire. Pour le moment, c’est la base qui a demandé de suspendre la grève, nous l’avons suspendue. C’est là que nous sommes. La question de lever la grève sera aussi décidée par la base. Encore une fois, si la base nous demande d’aller en grève, nous irons sans arrière pensée et ce, malgré le dégel de nos salaires. Notre combat n’est pas qu’une question de salaires, c’est de l’amélioration des conditions de vie et de travail des enseignants qu’il s’agit ».

En outre, Mansa Doumbouya dit ne pas reconnaître la nouvelle loi sur le droit de grève. Il se dit être sous le régime de l’ancienne constitution de 2010 qui consacrait la grève comme étant un droit. « Depuis 2010 jusqu’à maintenant, ce pays se résume par l’arbitraire, la corruption et l’abus de pouvoir. Si non, rien ne dit qu’ils doivent garder nos salaires pour les autres mois passés. S’ils le font, c’est qu’ils se sentent plus forts que nous. Il n’y a aucune loi qui autorise à un commis de l’Etat de bloquer nos salaires. Tout ce qu’il fait, ça doit être conformément à la loi. La loi L/027 à laquelle ils font allusion n’a été promulguée que récemment et les partenaires sociaux n’ont pas été associés. C’est seulement la loi L/028 conformément à la constitution de 2010 que nous nous reconnaissons. C’est cette loi qui traite de tout ce qui lie les agents de l’État à l’administration. Si aujourd’hui, ils se permettent de dire que c’est seulement un mois qu’ils vont payer, nous allons encore continuer à dénoncer et à utiliser toutes les armes pour que nous puissions avoir les trois autres mois. Il y a des conventions internationales que notre pays a ratifiées, donc ce n’est pas ce gouvernement qui viendra saper ces conventions. Nous allons réclamer notre dû parce que le salaire est sacré. Ils ne peuvent pas nous bloquer ça, ce n’est pas une propriété privée. La grève est constitutionnelle, c’est notre droit d’aller en grève ».

Alsény KABA pour Guineematin.com

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