Vital Kamerhe

Sauf changement de dernières minutes, le procès de Vital Kamerhe, l’actuel directeur de cabinet du président congolais, s’ouvrira ce lundi, 11 mai 2020, au tribunal de grande instance de la Gombe. Ce proche collaborateur du président Félix Tshisekedi comparait devant cette juridiction pour « détournement de fonds publics » portant sur quelques 50 millions dollars, un montant alloué au « programme des 100 jours » de l’actuel chef de l’Etat congolais. Et, s’il est reconnu coupable, Vital Kamerhe risque jusqu’à 20 ans de prison.

Ce n’est pas la première fois que le directeur de cabinet et allié du chef de l’État congolais est cité dans une procédure. En effet, le 31 juillet 2019, l’Inspection générale des finances faisait apparaître son nom dans un rapport pointant le détournement de 15 millions de dollars sur de l’argent dû aux sociétés de distribution de produits pétroliers. À l’époque, le président Félix Tshisekedi avait soutenu Vital Kamerhe, assurant que cet argent n’avait pas été « volé au Trésor ».

Cependant, dans la présente affaire qui suscite assez de commentaires en République Démocratique de Congo, Vital Kamerhe est poursuivi avec Samih Jammal (homme d’affaires libanais) et Jeannot Muhima (le responsable import-export de la présidence de la RDC). Et, selon les réquisitions du procureur, Vital Kamerhe et Samih Jammal auraient détourné près 49 millions de dollars. Cela aurait eu lieu entre mars 2019 et janvier 2020. Cet argent, qui était destiné à la construction de 1 500 maisons préfabriquées au profit de cinq provinces, a été payé à Samibo Congo, une société appartenant à l’homme d’affaires libanais.

Les deux hommes sont aussi accusés d’avoir détourné plus de 2,1 millions de dollars payés à « Husmail », une autre société de Samih Jammal. Ce montant correspond à une avance d’une enveloppe globale de plus 57 millions de dollars, destinés à la construction de 3 000 maisons préfabriquées pour les policiers et militaires de la ville de Kinshasa. Mais, les avocats de Samih Jammal rejettent ces accusations de détournement, arguant que « les travaux de construction sont financés et sont en cours ».

De son côté, la défense de Vital Kamerhe se dit confiante et souhaite que « les opinions autour de cette affaire n’influent pas sur l’œuvre du juge qui doit être indépendant et trancher en âme et conscience ».

Le troisième accusé dans cette affaire s’appelle Jeannot Muhima Ndoole, le chargé du service import-export de la présidence de la RDC. Et, c’est à lui que cet argent a été remis pour le dédouanement de ces maisons qui entre dans le programme d’urgence du président Félix Tshisekedi.

A noter que Vital Kamerhe est détenu depuis le 8 avril dernier à la prison de Makala, où il se trouve dans une cellule collective.

A rappeler qu’en République de Guinée, jamais une personnalité de ce rang n’a été poursuivie dans un tribunal. Même quand des hauts fonctionnaires sont poursuivis et condamnés (comme Paul Moussa Diawara, ancien DG de l’OGP, Sékou Camara, ancien DG de l’OGC, et Cie), ils ont des moyens (l’ragent détourné) pour s’offrir la liberté et certains même reconquérir des postes encore juteux pour continuer à sucer les maigres économies du pays.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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