COVID-19 : des vendeuses de Conakry éprouvées par le pourrissement de leurs marchandises


Les femmes vendeuses de produits vivriers venant de l’intérieur de la Guinée souffrent énormément à cause du couvre feu instauré pour freiner la propagation du Covid-19. Ces produits, qui mettent des jours avant d’arriver à Conakry, sont souvent pourris et ne peuvent plus être revendus. Ce qui entraîne des pertes immenses pour ces femmes, réduites à constater les dégâts. Tel est le constat fait par un reporter de Guineematin.com au marché de Tannerie, situé au quartier Yimbaya, dans la journée d’hier, lundi 11 mai 2020.

A l’instar des autres secteurs d’activité économique, la pandémie du COVID-19 affecte aussi sérieusement les activités commerciales. Les vendeuses de certains produits importés de l’intérieur du pays (bananes, ananas, aubergines, arachides, avocats) traversent une période difficile actuellement avec le pourrissement de leurs produits.

Interrogées par notre reporter, certains d’entre elles ont exprimé leur désarroi. Au marché de la Tannerie, ces femmes se disent très déçu des pertes qu’elles sont entrain de subir.

Aïcha Condé, commerçante de bananes plantains au marché de la Tannerie

C’est le cas de madame Aïcha Condé qui est dans le commerce de la banane plantain. « J’achète les bananes en région forestière pour venir les vendre ici. La souffrance que nous traversons ici, d’abord c’est le problème de route ; et deuxièmement, cette pandémie de coronavirus a aussi augmenté notre souffrance. Les remorques qui devraient faire une course d’un ou deux jours pour arriver ici avant que nos produits ne se gâtent, rentrent désormais une semaine après. Et actuellement, nous perdons beaucoup. Ce que j’ai perdu aujourd’hui dépasse la somme de 5 millions GNF. Vous savez, les camions remorques circulent le plus souvent la nuit. Pendant qu’actuellement, dès qu’il est 21h, on bloque toute circulation à cause du couvre-feu. Nous demandons aux autorités de ne pas oublier le marché de la Forêt. Il y a plusieurs personnes qui ont besoin de ce marché. Nous demandons de l’aide pour nos produits », a-t-elle lancé.

Madame Madeleine Millimouno, vendeuse d’arachides

Même son de cloche chez madame Madeleine Millimouno, vendeuse d’arachides, qui déplore également des pertes. « A cause de cette maladie, les marchandises ne viennent pas à temps. Avant, quand le camion bougeait aujourd’hui de la forêt, on pouvait revendre les produits le lendemain de son départ. Mais actuellement, les camions prennent tellement de temps. Partout où 21 heures les trouve, ils sont obligés d’y passer la nuit, et cela joue énormément sur nos produits et sur nous-mêmes. Nos produits sont arrivés mais on ne peut pas les revendre parce qu’ils sont gâtés ».

Selon nos informations, les conducteurs des camions en provenance de la Guinée Forestière sont victimes de rackets de la part des forces de l’ordre. C’est ce qu’a soutenu Mohamed Diakité, chauffeur de camion. « Vraiment, ce sont les policiers qui nous fatiguent beaucoup dès qu’il est 21 heures. Un exemple, même quand je venais de ce voyage, je suis arrivé à Guéckédou, je n’ai pas vu de barrage à la rentrée. Dès que je suis arrivé au centre-ville avec les produits qui se gâtent facilement, ils m’ont arrêté pour me soutirer 100 milles francs, en me disant que je ne respecte pas les ordres du président de la République. Je leur ai dit que je ne peux pas passer la nuit en brousse. Hier dimanche, ici à Matoto, ils nous ont soutiré de 30 mille GNF. J’avais des bananes et des avocats qui étaient déjà pétrifiés. On est vraiment obligé parfois de rembourser ce que les commerçantes ont perdu dans leurs marchandises. De N’zérékoré à Conakry, en passant par Macenta, Guéckédou, Kissidougou, Faranah, Mamou, Kindia, les policiers ne font que des rackets. Nous demandons aux autorités de faire une exception pour nous les gros porteurs », a-t-il dit.

Mohamed Doré pour Guineematin.com

Tel. +224 622 07 93 59

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