Dr Faya Millimouno, président du parti Bloc Libéral

A cinq mois de l’élection présidentielle qui doit normalement se tenir en octobre 2020 en Guinée, des voix commencent à s’élever pour évoquer un éventuel report de cette élection. Un report qui se justifierait par la crise sanitaire liée à la pandémie du coronavirus qui sévit dans le pays. Interrogé par Guineematin.com sur le sujet, l’opposant Dr Faya Millimouno a laissé entendre qu’il n’est pas forcément opposé à un glissement de la date du scrutin.

Mais, c’est à la seule condition que le président Alpha Condé quitte le pouvoir à la fin de son mandat pour qu’une transition soit organisée afin de préparer les élections à venir. Car, pour le président du Bloc Libéral, le régime Alpha Condé est responsable de la propagation du coronavirus en Guinée.

« Nous savons très bien comment Alpha Condé est en train de gérer cette pandémie avec ses services techniques, c’est catastrophique. Tout le monde est témoin de cela. Tout le monde a été témoin du fait que par la décision d’Alpha Condé des Guinéens ont été exposés à ce virus, sachant bien et ça c’est sa tribune (publiée récemment sur FinancialAfrique, ndlr) qui nous l’apprend, que depuis le 5 mars on connaissait déjà l’existence de la Covid-19 dans notre pays, contrairement à ce que l’ANSS (l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire) avait annoncé en disant que c’était le 12 mars qu’on avait identifié le 1er cas. Donc, on savait qu’il y avait la maladie…

Aujourd’hui, nous pensons que les chiffres qu’on est en train de nous donner ne sont pas des chiffres vrais, nous savons qu’on est en train de jouer à la politique. Et donc, personne ne viendra nous dire que si nous n’arrivons pas à respecter la date de l’élection présidentielle, Alpha devra rester là pour gérer une période quelconque. Donc, en plus du fait qu’on se prépare pour cette élection, nous nous préparons également à mener le combat pour qu’en cas de non tenue de la présidentielle à bonne date, Alpha Condé soit écarté pour mettre en place une autorité transitoire pouvant pacifier le pays, créer les conditions d’une élection libre, transparente et crédible.

Parce que nous savons qu’à date, nous n’avons pas de fichier électoral, nous n’avons pas une CENI (Commission Électorale Nationale Indépendante) digne de ce nom. Donc, ça sera à la Guinée de prendre des dispositions pour qu’une période transitoire en bonne et due forme soit créée pour pacifier le pays et créer les conditions d’une élection propre », a déclaré l’opposant guinéen.

Propos recueillis par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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