Maîtresse Adama Barry

A un peu plus d’une semaine de la fin du mois de Ramadan, ce n’est pas la grande affluence chez certains tailleurs de la ville de Mamou. Les acteurs de ce secteur se plaignent de la rareté des clients, du manque d’électricité et du couvre-feu qui ne leur permet plus de travailler pendant la nuit. Tel est le constat fait sur le terrain dans la journée d’hier, mardi 12 mai 2020, par le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

La fête marquant la fin du mois de Ramadan constitue l’une des plus importantes fêtes musulmanes.

Habituellement, les tailleurs n’ont pas de repos à l’approche de cette fête en raison de la forte mobilisation des clients. Des clients désireux de coudre de nouveaux habits pour la famille. Mais cette année, la situation n’est pas la même à cause de la maladie du Covid-19, du manque d’électricité et du couvre-feu qui empêche les tailleurs de travailler normalement.

Maîtresse Adama Barry, couturière trouvée à son atelier au quartier Almamya, ne cache pas son désarroi. « Dieu soit loué, mais la clientèle est absente. Les années antérieures, les clients nous inondaient à pareil moment. Peut être que la rareté des clients est due à cette maladie qui sévit actuellement dans le pays. Nous manquons aussi d’électricité toute la journée. Nous demandons à EDG de nous aider à avoir le courant au moins la journée ».

Maître Abdoulaye Camara

Même son de cloche chez maître Abdoulaye Camara, rencontré dans son atelier. « Nous rencontrons cette année beaucoup de difficultés parce que nous travaillons seulement jusqu’à 18 h 30. Les routes sont bloquées aussi vers Conakry, tout le matériel, on l’achète ici à Mamou. Il y a aussi la faible affluence de la clientèle. Nous avons aussi des machines qui ont besoin d’électricité et le courant est rare. Nous utilisons le groupe électrogène pour travailler. Nous demandons au gouvernement de nous aider même s’il faut travailler jusqu’à 23 h ou 0 h au moins », a plaidé ce tailleur.

Maîtresse Oumou Sadio Barry

Maîtresse Oumou Sadio Barry a les mêmes plaintes, surtout qu’elle avait l’habitude de passer la nuit à l’atelier pour travailler à l’approche de chaque fête. « Vraiment, nous souffrons cette année. Pratiquement, on ne travaille pas. Cette année, on ne passe pas la nuit à l’atelier. Nous travaillons jusqu’à 20 heures. Cette fois-ci, c’est les enfants seulement qui viennent avec les habits à coudre. Nous prions Dieu pour que cette pandémie qui nous fatigue quitte maintenant le pays. Nous enregistrons d’énormes difficultés, il n’y a pas de courant, pas d’affluence des clients, il y a le couvre-feu. Nous lançons un appel aux autorités de suspendre le couvre-feu jusqu’à la fin de mois de Ramadan… ».

Madame Fatoumata Barry

Maîtresse Fatoumata Barry a les mêmes plaintes. « Nous travaillons ici petit-à-petit. Cette fois-ci, l’État nous dit de ne pas travailler la nuit et pourtant nous travaillons plus la nuit que la journée. Nous sollicitons auprès de l’État d’enlever le couvre feu. Voyant la situation du pays, les populations souffrent, toutes les activités sont paralysées et il faut qu’on mange et faire manger nos enfants. Travailler de 5 heures à 18 heures, c’est petit pour nous. C’est honteux quand un client vient réclamer son complet et que le tailleur n’a pas fini. Nous prions le gouvernement de suspendre le couvre-feu pour cette période ».

Boubacar Ramadan Barry pour Guineematin.com

Tel:625688819/657343939

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin