Depuis quelques jours, les citoyens de plusieurs quartiers de Conakry sont confrontés à une véritable pénurie d’électricité. Les ateliers de couture et de broderie sont durement impactés par ces coupures intempestives. Au quartier Sonfonia dans la commune de Ratoma, plusieurs tailleurs rencontrés se plaignent du manque de courant qui paralyse fortement leur travail. Tel est le constat fait par un reporter de Guineematin.com dans la journée d’hier, mardi 12 mai 2020.

Il suffit de faire un tour dans les ateliers de couture et de broderie de Conakry pour comprendre les difficultés auxquelles les tailleurs font face en cette période de pénurie d’électricité, doublée de la crise sanitaire.

Hawa Kondiano, gérante de l’atelier « Hawa Couture »

Hawa Kondiano, gérante de l’atelier « Hawa Couture », situé à Sonfonia, dit avoir opté pour un groupe électrogène au regard de nombreuses coupures de courant. « On souffre beaucoup. Parce que même s’il n’y a pas beaucoup de travail, mais le peu qu’il y a, il n’y a pas de courant pour le faire. Les clients encore nous fatiguent trop. S’ils viennent et qu’on leur dit qu’il n’y a pas courant, ils s’énervent et le peu qu’on devrait avoir on le perd. On souffre quand même à cause des coupures du courant. S’ils pouvaient nous aider à propos du courant, ça allait nous faire plaisir. On a un moteur ici, s’il n’y a pas le courant, nous l’allumons. On peut mettre un ou deux litres pour se débrouiller avec ça. Mais avec ça, on ne s’en sort pas. Parce que si on enlève le prix d’essence dans le prix de la couture, rien ne reste », se lamente-elle.

Mamadou Billo Barry, tailleur à Sonfonia Western Union

De son côté Mamadou Billo Barry, tailleur à Sonfonia Western Union, dit regretter d’avoir quitté le Sénégal pour la Guinée à cause du manque de courant. « Chaque jour, on a le courant pendant 2H ou 3H de temps. Depuis hier vers 18H, ils ont coupé le courant et jusqu’à présent, il n’y en a pas encore. Comment respecter les rendez-vous avec ça ? C’est tellement difficile à vivre. Moi, j’étais au Sénégal mais je me suis dit je vais aller vivre chez moi. Aujourd’hui, je regrette d’être revenu chez moi. Si ce que j’avais avant était toujours avec moi, j’allais repartir là où j’étais. Parce que là-bas, je travaillais et je vivais mieux qu’ici. Les fournitures sont chères, il n’y a pas le courant. Il faut qu’on achète le carburant pour travailler », regrette-t-il.

Alpha Oumar Diallo, tailleur à l’atelier Kouffa fashion

Pour sa part, Alpha Oumar Diallo, tailleur à l’atelier Kouffa fashion, s’inquiète de ses rapports avec la clientèle. « Ça a fait plusieurs jours qu’on n’a pas reçu le courant. De fois ça vient, ça ne dure pas. La coupure est trop. Les difficultés que nous rencontrons sont énormes. Parce que nous utilisons le courant avec le groupe électrogène et chaque jour, il faut acheter le carburant pour mettre dans le moteur pour pouvoir travailler. On rencontre des difficultés avec les clients. Là, si le client vient et trouve que le travail n’est pas fait, on essaye de dialoguer avec lui en plaidant. Je demande au gouvernement de tout faire pour satisfaire sa population en matière de courant électrique ».

Barry Fatoumata Binta, couturière

Même son de cloche chez Fatoumata Binta Diallo qui dépense beaucoup dans l’alimentation et l’entretien de son groupe électrogène. « Ça fait presque deux mois que les coupures se répètent. Le moteur que nous avons tombe chaque fois en panne. Nous payons les mécaniciens pour l’arranger chaque fois. Souvent, nous rencontrons des difficultés avec les clients, les programmes ne sont pas respectés à cause du courant. Nous demandons à ce que les autorités nous aident. Sans courant, le développement est impossible. »

Mohamed DORE pour Guineematin.com

Tel : +224 622 07 93 59 § 666 87 73 97

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