L’aventure avec l’Union pour la Démocratie et le Développement n’aura duré que 7 mois pour Bah Oury. Menacé de destitution, l’ancien ministre de la Réconciliation nationale a pris les devants. Il a annoncé sa démission du parti. Lequel se retrouve comme une patate chaude entre les mains de ses fondateurs, devenus frondeurs contre le nouvel adhérent. Désormais, ils peuvent faire de leur parti ce qu’ils veulent. Bah Oury, ayant sûrement tiré les leçons de son bras de fer avec l’UFDG pour le contrôle de ce parti, a préféré jeter l’éponge.

Cette décision, à la fois pragmatique et stratégique, est sans doute dictée par l’expérience plutôt douloureuse du précédent cas. Comme il l’avait fait contre l’UFDG, Bah Oury aurait pu saisir la justice au cas où les fondateurs de l’UDD mettaient leur menace à exécution. Mais, l’expérience aidant, le bouillant homme politique a compris que le rôle de la justice est éventuellement de séparer ceux qui ne veulent pas s’unir et non d’unir ceux qui veulent se séparer.

En effet, dans le différend avec l’UFDG, la justice avait rendu une décision favorable à M. Bah, mais elle ne pouvait pas l’amener et l’installer de force au siège du parti. Cela ne pouvait être fait qu’avec l’accord des cadres et militants. Ce que ces derniers ne voulaient pas entendre. Conséquences, entre la légalité –qui était la décision de la justice- et la légitimé incarnée par la volonté des responsables et militants, la seconde a pris le dessus.

Cette fois, M. Bah n’a pas voulu aller sur ce terrain glissant. Il a rendu à César ce qui appartient à César. Ironie du sort, il se retrouve pour la deuxième fois sans formation politique. Du coup, comme un chasseur dépourvu d’un chien de chasse et de fusil. Il va falloir trouver ce support indispensable qui est un parti politique pour pouvoir continuer le combat.

Dans tous les cas, cette aventure, aussi courte soit-elle, aura été d’une utilité inestimable pour l’opposant. Il y a moins d’un an, Bah Oury était perçu par l’opinion publique comme une taupe du pouvoir qui a signé un pacte mortel avec ce dernier contre son propre parti. Il a fallu trouver l’UDD pour faire passer son message. Lequel message a vite redoré le blason de l’homme. Pour le reste, sa présence physique dans les manifestations du FNDC depuis octobre dernier et son discours invariable exprimant son opposition à la nouvelle constitution ont fini par le réhabiliter de façon spectaculaire.

C’est autant dire que le tout n’a pas été négatif dans le mariage de raison entre Bah Oury et l’UDD. Ce parti a, lui aussi, bénéficié d’une publicité gratuite après l’adhésion de l’enfant terrible de Pita en son sein. Les désormais divorcés ont, chacun, tiré profit de cet éphémère mariage. Après leur divorce, chacun devra prouver à l’opinion qu’il peut vivre sans l’autre. A Bah Oury de trouver une nouvelle formation politique prête à l’apprivoiser. Mais aussi à l’UDD de faire en sorte qu’elle ne sombre pas dans l’anonymat où elle était avant l’arrivée du désormais ex président du parti.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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