Oustaz Mohamed Ramadan Bah, chroniqueur islamique et imam à Koloma

Sauf changement de situation, les fidèles musulmans de Guinée ne pourront pas effectuer cette année la prière collective de l’Aïd El Fitr, la fête marquant la fin du ramadan. Cela, en raison de l’état d’urgence sanitaire en vigueur et qui interdit tout regroupement de plus de 20 personnes à cause des risques de propagation du coronavirus dans le pays. Face à cette situation, beaucoup de personnes se demandent comment faire cette prière, qui dans les conditions normales, est obligatoire pour tous les jeûneurs.

Interrogé par la rédaction de Guineematin.com, Oustaz Mohamed Ramadan Bah, chroniqueur islamique et imam à Koloma, a expliqué ce qu’il faut faire en pareilles circonstances.

« Si le confinement continue et que les mosquées restent fermées, il n’y aura pas de prière collective le jour de la fête. Dans ce cas, chacun va faire deux voire quatre rakats à la maison comme prière surérogatoire, parce qu’on est obligés de respecter les consignes données par les autorités sanitaires. Ces rakats doivent être effectués à l’heure où on avait l’habitude de faire la prière de l’Aïd El Fitr, c’est-à-dire entre 9 heures 00’ et 9 heures 30’. On peut se contenter de ça et implorer le pardon de Dieu », a expliqué le leader religieux.

Il ajoute toutefois que cette option n’est « vraiment pas souhaitable », précisant que les prières que les fidèles musulmans feraient à la maison ne peuvent pas remplacer la prière obligatoire marquant la fin du ramadan. « On dit souvent qu’à défaut de la mère, on se contente de la grand-mère. Alors, puisque Dieu voit que ce n’est pas de notre volonté, il ne nous reprochera pas du fait de ne pas prier en groupe comme d’habitude. Mais, c’est quelque chose qui n’est vraiment pas souhaitable. L’idéal aurait voulu qu’on puisse prier ensemble pour bénéficier des avantages de cette prière », a-t-il dit.

C’est pourquoi d’ailleurs, Oustaz Mohamed Ramadan Bah plaide pour une concertation entre les autorités sanitaires et celles religieuses pour voir comment rouvrir les mosquées dans un bref délai. « Il faut que le secrétariat général des affaires religieuses se concerte avec la commission scientifique sur comment rouvrir les mosquées. Ils doivent revoir cette situation avant qu’il y ait une division au sein des populations », préconise cet imam.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin