Jacques Gbonimy, président du parti UPG


Les réactions se multiplient au sein de la classe politique guinéenne suite à la nomination du juriste Mamady 3 Kaba comme commissaire à la CENI. Il remplace l’ancien président de l’institution, Me Amadou Salif Kébé, au compte des représentants de la société civile au sein de la commission électorale nationale indépendante. Jacques Gbonimy, président de l’UPG et ancien commissaire de la CENI, a réagi à cette nomination au cours d’un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, ce vendredi 15 mai 2020. Même s’il reconnaît les qualités de Mamady 3 Kaba, l’opposant trouve anormale la procédure de sa désignation.

« Je connais bien Mamady 3 Kaba qui a encadré ma vie pendant des formations à la CENI. La personne de Mamady est une personne que je connais sur le plan qualité, formation et expérience en matière électorale. Donc, je ne doute pas d’un seul instant de la capacité de Mamady à pouvoir être commissaire à la CENI. Et je pense que dans une position normale de travail, il peut apporter son expérience et sa connaissance dans la gestion du processus électoral.

La seule chose qui pose problème, c’est la procédure de sa nomination. Parce que la loi de la CENI indique que si un commissaire est indisponible, son remplacement suit la procédure de sa nomination. C’est-à-dire que la structure qui a donné le commissaire au départ, c’est la même structure qui doit procéder au remplacement en passant par l’organe faitière comme le CNOSCG.

En 2010, Salif Kébé est venu à la place de Me Abass Bangoura entre les deux tours, quand ce dernier a démissionné. A l’époque, ça avait suivi la procédure normale parce que Me Abass Bangoura était un avocat et il a été remplacé par un avocat. Cela veut dire que l’ordre des avocats avait été consulté pour le remplacement de Me Abass. Mais aujourd’hui, le problème qui se pose, c’est pas rapport à l’ordre des avocats qui n’a pas été consulté parce que Mamady 3 Kaba n’est pas un avocat.

Même si c’est le CNOSCG qui a fait la proposition de nomination de Salif Kébé, aujourd’hui étant même du CNOSCG, l’ordre des avocats devrait être consulté et c’est à lui de désigner un de ses membres pour être commissaire à la CENI. Donc, pour moi, la procédure normale n’a pas du tout été suivie. Et aussi et surtout, l’environnement actuel de la CENI n’est pas propre », a déclaré Jacques Gbonimy.

Propos recueillis par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41 

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin