A quelques jours de la fête marquant la fin du mois de Ramadan, l’ambiance est morose dans la capitale guinéenne. La propagation du nouveau coronavirus affecte sérieusement les activités, notamment dans le secteur informel. Les tailleurs tirent aujourd’hui le diable par la queue à cause de la rareté des clients, du manque de courant électrique et de la cherté du matériel de travail. Tel est le constat fait par un reporter de Guineematin.com dans la journée d’hier, jeudi 14 mai 2020, dans certains ateliers de couture de la commune de Ratoma.

L’approche des deux grandes fêtes musulmanes est synonyme de grande affluence. Mais, la crise sanitaire actuelle a bousculé toutes les habitudes. Les tailleurs, très sollicités à ces moments, ne connaissent pas l’affluence habituelle des clients. Interrogés sur la question, certains d’entre eux ont exprimé leur désarroi.

C’est le cas de maitre Mamadou Barry, tailleur spécialiste en broderie, rencontré à Sonfonia Africof, dans la commune de Ratoma. « Les clients se font rares. Vu la situation de la pandémie du coronavirus, l’activité est très paralysée. Il n’y a pas tellement de clients. Cela s’explique aussi par le manque d’argent. Les gens se plaignent de leur situation financière. Il y a le manque de courant. Les quelques clients que nous recevons nous menacent parfois à cause du non-respect des rendez-vous. Cela est dû au manque de courant. »

Même son de cloche chez Aminata Oularé, couturière au quartier Sonfonia Centre, qui affirme que la clientèle est quasi inexistante. « A l’heure-là, il n’y a pas de clients. Cette année est très difficile. Cette pandémie de Covid-19 a d’énormes impacts sur la clientèle aujourd’hui. Elle a bouleversé toute notre activité. En plus, s’ajoute le problème de courant. Les clients viennent les uns après les autres. Quand ils amènent les habits, c’est l’essence qu’on achète pour pouvoir travailler. Nous achetons parfois 5 à 10 litres. On travaille seulement pour ne pas rester assis sans rien faire. La vie devient de plus en plus chère », a fait savoir madame Oularé.

La cherté des tissus n’est pas en reste dans les facteurs qui paralysent le travail des tailleurs à cette période de préparatifs de la fête. Une situation décriée par maître Mohamed Bah qui est entrain de perdre ses clients. « Par rapport aux années précédentes, ce n’est pas facile. Nos matériels de travail deviennent de plus en plus chers sur le marché. Et quand les matériels sont chers, nous sommes obligés d’augmenter le frais de travail. Et quand tu dis un prix beaucoup plus élevé à ton client, il pense que tu veux le surfacturer. Mais ce n’est pas le cas. C’est le marché qui commande. La conjoncture, elle est internationale. Ça nous fatigue beaucoup et les clients aussi nous tournent le dos en nous disant que nous sommes chers », déplore-t-il.

Mohamed DORE pour Guineematin.com

Tel : +224 622 07 93 59 § 666 87 73 97

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin