Oustaz Mohamed Ramadan Bah, chroniqueur islamique et imam à la Mosquée de Koloma

« La récompense de cette nuit est immense. Celui qui adore Allah dans cette nuit du destin, Dieu lui donne une récompense équivalente à mille mois. Et, mille mois, on sait que c’est plus de 80 ans. Donc, ça, c’est énorme ! Alors, le musulman doit prier pour que Dieu lui donne la chance de tomber dans la nuit du destin », a notamment indiqué Oustaz Mohamed Ramadan Bah, chroniqueur islamique et imam à la Mosquée de Koloma, à l’occasion d’un entretien qu’il a bien voulu accorder à Guineematin.com ce mardi, 19 mai 2020.

Au cours de cet entretien, nous avons abordé plusieurs questions dont l’importance de la nuit du destin, ses récompenses, la zakat qu’on doit enlever avant la fête…

Décryptage !

Guineematin.com : Expliquez-nous le sens de la Zakat Fitr, l’aumône qu’on doit donner avant de célébrer la fête du mois de Ramadan. Qu’est-ce qu’on doit donner au juste ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : La Zakat Fitr, c’est l’aumône de la rupture. C’est une aumône qu’on donne au petit matin du jour de la fête, avant d’aller à la prière. Cette aumône, c’est seulement la nourriture qu’on doit donner. On ne donne pas l’argent. On doit donner en nature (le riz, le fonio, le maïs, le mil, etc.), on ne donne pas l’argent, puisque le Prophète Mohammed (PSL) n’a pas donné l’argent, il a seulement donné la nourriture.

Maintenant, pour ce qui est de la quantité, c’est à peu près deux kilos et demi. Mais, ce qui est recommandé, c’est d’utiliser le récipient qu’on appelle « SOWA » et mesurer à partir de ce récipient. Il ne faut pas se contenter de la mesure que les vendeurs de riz utilisent ou bien parce qu’on a un sac de 50 kilogrammes, on se contente de calculer en fonction du nombre de ceux pour qui on doit donner. Il faut mesurer avec ce récipient qu’on appelle « SOWA » ; ça c’est extrêmement important. Parce qu’on sait d’abord que les nourritures n’ont pas le même poids. Par exemple, le riz et le fonio n’ont pas le même poids. Donc, ce qui est mieux indiqué, c’est de mesurer à partir de ce récipient appelé « SOWA ».

Ensuite, il y a une erreur que certaines personnes font, c’est de transporter cette aumône. Cette aumône ne se transporte pas. Là où le musulman a eu à jeûner, c’est là qu’il doit donner l’aumône. Par exemple, on ne doit pas prendre cette aumône et l’emmener à Kindia, vice versa. Parce qu’à Conakry, il y a des pauvres, et dans les autres villes aussi, il y a des pauvres.

Il y a une autre question qui échappe à certains croyants. Par exemple, on a des parents au village, est-ce qu’on peut donner leur aumône ici. Non ! On ne peut pas donner leur aumône ici. Il faut envoyer leur aumône là où ils se trouvent. Sinon, ça aussi fait partie du transport. Si les parents se trouvent à l’intérieur du pays, il faut leur envoyer l’argent pour qu’ils achètent la nourriture afin qu’ils donnent leur aumône là-bas. C’est ce qui est normal.

Guineematin.com : à qui on doit donner l’aumône ?

Oustaz Ramadan Bah : On donne l’aumône seulement aux musulmans pauvres ! L’aumône est uniquement réservée aux pauvres musulmans. Comme le verset l’indique dans la sourate le « repentir », l’aumône ou la Zakat appartient aux pauvres, aux démunis. C’est à ceux-là qu’on doit donner l’aumône. Là aussi, on ne doit pas donner l’aumône à quelqu’un dont on la charge. Par exemple, on ne doit pas donner notre aumône à nos papas, nos mamans, nos enfants, nos épouses… Ça aussi, c’est extrêmement important.

Guineematin.com : Expliquez-nous le sens de la nuit du destin et les récompenses liées à cette nuit ?

Oustaz Ramadan Bah : la nuit du destin, il y a certaines personnes qui pensaient que c’est seulement la nuit du 26 au 27. Mais, ça, c’est une erreur. Le Prophète Mohammed (PSL) a dit de rechercher cette nuit dans les 10 dernières nuits du mois de Ramadan. C’est ce qui est authentique. Là, il n’y a pas de divergence. C’est pourquoi, il y a des gens, depuis la nuit du 20 au 21, qui veillent en recherchant cette nuit. La récompense de cette nuit est immense. Celui qui adore Allah dans cette nuit du destin, Dieu lui donne une récompense équivalente à mille mois. Et, mille mois, on sait que c’est plus de 80 ans. Donc, ça, c’est énorme ! Alors, le musulman doit prier pour que Dieu lui donne la chance de tomber dans la nuit du destin.

Guineematin.com : Oustaz, le jour de la fête s’approche à grands pas, alors que tout regroupement est interdit à cause de la maladie à coronavirus. Dans un tel contexte, comment les musulmans doivent-ils célébrer cette fête ?

Oustaz Ramadan Bah : C’est triste, malheureux, et déplorable ! Mais, comme c’est la volonté de Dieu, on ne peut rien ! Comme c’est une question de pandémie, on ne peut rien, sauf se remettre à la volonté de Dieu. Alors, dans ce contexte, si jusqu’au jour de la fête les autorités religieuses et sanitaires n’ordonnent pas les regroupements, on sera obligé de respecter. Parce que Dieu nous dit, dans le Saint Coran, « obéissez à Dieu, à son Prophète et à vos autorités ». Maintenant, cela ne veut pas dire qu’on ne doit rien faire. On doit prier à la maison deux rakats ; soit chacun prie deux rakats à la maison, soit on prie les deux rakats en famille. On fait une prière collective en famille. On fait les deux rakats ; mais, seulement, là, il n’y a pas de sermon. Après, on implore, on fait des invocations, on demande le pardon de Dieu, on lui demande d’éradiquer cette maladie dans notre pays et dans le monde entier.

Entretien réalisé par Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 620589527/654416922

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