La maison de la presse de Guinée est frappée de plein fouet par les impacts négatifs de la pandémie du coronavirus. Depuis deux mois, ses activités génératrices de revenus sont quasiment à l’arrêt, ce qui menace la survie de cette institution, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

En plus de la subvention allouée aux médias par l’Etat, la maison de la presse de Guinée tire ses revenus des conférences de presse qui y sont régulièrement organisées. Chaque personne ou structure qui souhaite se faire entendre par un large public paye un montant pour y animer une conférence de presse. Mais depuis l’avènement de la pandémie du coronavirus dans le pays et l’interdiction des rassemblements de plus de 20 personnes, cette maison commune des journalistes est très rarement sollicitée. Sa principale source de revenu se retrouve à l’arrêt. Une situation très préoccupante pour son directeur général, Hassane Kaba.

Hassane Kaba, journaliste et Directeur Général de la maison de la presse

« Pratiquement aujourd’hui, nous sommes à l’arrêt. Il n’y a pas d’activités parce que ceux qui viennent pour animer des conférences ont pour objectif de s’adresser à une masse. Et lorsqu’il n’y a pas assez de personnes pour couvrir les événements, ce n’est pas facile. Aujourd’hui, c’est au compte-goutte que nous recevons des rencontres. Quand certains arrivent et qu’on leur explique ces contraintes, ils préfèrent sursoir à leurs activités. Donc, nous sommes quasiment à l’arrêt aujourd’hui », a-t-il confié.

Aujourd’hui, la maison de la presse de Guinée ne compte que sur la subvention de l’Etat pour fonctionner. Des moyens qui sont largement en deçà de ses besoins. « Les seuls moyens que nous avons aujourd’hui, c’est la subvention que l’Etat nous a accordée à travers les médias. C’est seulement cette subvention que nous sommes en train d’utiliser pour l’entretien du moteur, des appareillages et du personnel. Même s’il n’y a pas d’activité, chaque deux jours, il faut mettre le moteur en marche, donc il y a un minimum de coût à supporter. Et depuis plus de deux mois, nous ne sommes pas en mesure d’assurer même les 10% de ce coût habituel », souligne Hassane Kaba.

Pour lui, c’est la survie même de cette maison qui est aujourd’hui menacée. D’où la nécessite d’une mobilisation générale en vue de la sauver. « La situation de notre maison était déjà difficile et la pandémie est venue l’aggraver. Nous sommes ici en location, et avec cette pandémie, les dépenses n’attendent pas. C’est donc une question de survie pour la maison de la presse qui se pose. J’en appelle donc aux bonnes volontés et surtout au gouvernement pour que la maison de la presse de Guinée obtienne en fin de compte un siège bien équipé, propre à elle.

Aux patrons de médias, à chacun d’œuvrer de son côté pour nous venir en aide. La maison de la presse est pour tous les journalistes. Dans toute la sous-région, c’est seulement la Guinée qui a n’a pas de siège construit sur un terrain appartenant à la maison de la presse. Celle qui existe est louée et n’est pas équipée », regrette le directeur général de la maison de la presse de Guinée.

Alsény Kaba pour Guineematin.com

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