Un violent affrontement a éclaté ce mercredi, 20 mai 2020, dans le district de Dankakoro, relevant dans la commune urbaine de Siguiri. Il a opposé des partisans du président du district, Fadouba Magassouba, et ceux du doyen du village, Fadama Magassouba, qui se disputent la paternité d’une plantation d’acajou. Les violences ont causé des blessés des deux côtés. Le domicile privé du président du district a été saccagé et 5 motos ont également été incendiées, rapporte le correspondant de Guineematin.com à Siguiri.

Selon Danka Moussa Magassouba, partisan du doyen du village, la plantation en question appartient à la communauté. Mais, selon lui, le président du district veut en faire une propriété privée. Il soutient que c’est ce qui a conduit à ce conflit. « Cette plantation appartient à la communauté, elle est gérée par les sages du village. Chaque année, les jeunes sortent pour la défricher. Mais, Fadouba Magassouba veut en faire à sa propriété privée. Hier, il est parti prendre des agents de l’habitat pour venir morceler la plantation.

Certains jeunes sont venus les en empêcher. Les gendarmes sont venus arrêter ces jeunes et les enfermer. Grâce à l’intervention du doyen du village, ils ont été libérés la nuit. Ce matin, nous étions au vestibule pour une réunion parce que les jeunes avaient dit qu’ils ne veulent plus de Fadouba comme président du district, c’est au cours de cette réunion que ses partisans sont venus jeter des pierres sur nous, ils ont blessé 5 personnes. C’est ce qui a révolté nos jeunes », a-t-il indiqué.

Une version démentie par le président du district, Fadouba Magassouba. Selon lui, la plantation en conflit appartient effectivement à sa famille. « Ici, nous avons 3 familles Magassouba, chaque famille avait donné au village un domaine. J’ai constaté que les 2 autres familles ont repris les domaines qu’elles avaient donnés. Elles les ont morcelés pour les revendre, même le cimetière en fait partie. J’ai demandé au doyen du village de récupérer le cimetière que l’autre famille avait revendu ; mais, en vain.

C’est pourquoi, nôtre famille aussi, par ma voix, a décidé de réclamer la plantation qu’on avait donnée à la communauté. Quand les agents sont venus pour faire le travail, ils ont envoyé des jeunes pour les en empêcher. J’ai déposé une plainte qui a abouti à leur interpellation. Hier, le doyen est parti retirer la plainte en disant qu’il va trouver une solution. Ce matin, ils ont armé des jeunes de bâtons, de cailloux, de l’essence et autres, ils sont venus saccager mon domicile et brûler 5 motos chez moi », a-t-il dit.

Au moment où nous rédigeons cet article, des jets de pierre se poursuivent entre les deux camps opposés. Des pick-up de la gendarmerie sont stationnés à la rentrée de ce district situé à 2 kilomètres de la ville de Siguiri. Les jeunes du village ont érigé des barricades sur la route pour empêcher de passer.

De Siguiri, Bérété Lancéï Condé pour Guineematin.com

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin