Aly Kaba, président du groupe parlementaire du RPG arc-en-ciel à l’Assemblée nationale

L’actualité est dominée en Guinée par le bras de fer entre le barreau et le Conseil National des Organisations de la Société Civile (CNOSC) sur le choix de Mamady 3 Kaba pour remplacer le défunt Amadou Salif Kébé à la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI). Pour parler de ce sujet qui polarise l’attention et d’autres questions d’actualité nationale et internationale, un reporter de Guineematin.com a donné la parole hier, jeudi 21 mai 2020, à Aly Kaba, président du groupe parlementaire du RPG arc-en-ciel à l’Assemblée nationale.

Décryptage !

Guineematin.com : la nomination contestée de Mamady 3 Kaba au poste de commissaire à la CENI en remplacement de feu Me Salif Kébé continue de faire parler d’elle. Le barreau de Guinée a saisi la cour suprême pour dénoncer le décret de Chef de l’Etat. On sait que Mamady 3 Kaba avait été désigné, 10 jours avant, comme directeur de Cabinet du président de l’Assemblée nationale. L’Opposition s’en sert d’ailleurs aujourd’hui en disant que le promu est un militant du parti au pouvoir. Qu’en dites-vous ?

Aly Kaba : par rapport à la forme, avant d’arriver au qualificatif de militant, ce n’est pas d’abord à l’opposition de désigner le représentant de la société civile, ça il faut lever l’équivoque. Les membres de la société civile sont libres de choisir qui a sa confiance et il y a des voies et moyens pour opérer ce choix. Et par rapport à ce choix, j’ai bien écouté le président du Conseil National des Organisations de la Société Civile de Guinée, Dr Dansa Kourouma, qui dit avoir personnellement signé la lettre de désignation du président de la CENI, feu Me Salif Kébé et que peut-être on peut l’assimiler à une coïncidence et qu’en amont, le choix n’a pas été opéré de manière exclusive du fait qu’il soit au barreau. Il a été choisi du fait qu’il est membre de la structure du CNOCS-G. Donc, c’est en cette qualité qu’il a été choisi quand bien même la coïncidence a fait qu’il soit du barreau. Donc, c’est lui qui a fait la lettre de désignation et c’est cette même structure qui a désigné le juriste Mamady 3 Kaba pour être nommé commissaire en lieu et place du défunt, que Dieu ait son âme, et c’est l’occasion encore de présenter les condoléances les plus émues à sa famille biologique et d’ailleurs à tout le peuple de Guinée qu’il a servi en tant que président d’institution. Donc, je ne vois pas pourquoi on va ouvrir encore une polémique dès lors la loi prévoit que ça soit les structures d’origine qui ont désigné en amont les commissaires. Lorsqu’une structure, pour quelque raison que ce soit, son commissaire désigné n’y est pas, c’est sa structure d’origine dans les mêmes conditions doit désigner son remplaçant. Et maintenant, si on a tendance à confondre cette structure au barreau, il y a problème à ce niveau parce que les explications de Dr Dansa Kourouma sont claires, le barreau est une structure intégrante du CNOSC. Ça pouvait ne pas être aussi un membre du barreau lorsqu’il s’agissait de choisir Me Salif Kébé comme il est le cas maintenant.

Guineematin.com : sauf que l’Opposition pense que Mamady 3 Kaba est un membre du RPG/AEC

Aly Kaba : la nomination de Mamady 3 Kaba au poste de directeur de Cabinet du président de l’Assemblée nationale n’est pas assujettie au critère d’appartenance politique. C’est beaucoup plus basé sur le critère de compétence. Donc, nullement on ne peut prétexter comme quoi il a été nommé directeur de Cabinet, implicitement c’est un militant, on ne veut pas de lui. On ne peut pas lui renier son appartenance et vice-président du CNOCS-G.

Guineematin.com : vous avez appris comme tout le monde, la disparition programmée du franc CFA par le gouvernement français. En tant qu’acteur de la vie politique nationale Guinéenne, quelle est votre réaction ?

Aly Kaba : je n’ai pas une réaction étonnante sur cette actualité internationale, quand bien même que nous savons que le peuple de Guinée, en tant que bon Guinéen, sur la scène internationale, le Guinéen a toujours œuvré de sorte que nous soyons une puissance, nous africains à tous les niveaux. Ceci dit, nous avons participé à toutes les luttes d’indépendance. La Guinée qui a été l’un des tout premiers à s’affranchir du joug colonial, a inlassablement œuvré auprès des pays pairs pour leur accession à l’indépendance nationale. Et au-delà, l’objectif visé était qu’on soit un ensemble qui allait de l’indépendance politique pour recouvrir tous les autres secteurs : l’économie, le social, le culturel, faire en sorte que nous soyons une puissance où l’intégration fera de nous un même peuple, une même nation, et que les frontière ne soient que dans l’esprit du fait de l’administration coloniale. Donc, c’est pourquoi la Guinée a su jalousement conservée cette indépendance en refusant catégoriquement après notre accession à l’indépendance de continuer à être dans le giron français sur tous les plans. On a eu notre monnaie locale avec tout ce que cela comportait, mais qui au fil du temps a su résister. Mais au fil du temps que les régimes se sont succédés la tendance guinéenne a fait que nous continuons à être dans un ensemble où on peut échanger, où ont peut faire le commerce, la circulation des personnes et de leurs biens, faire en sorte que nous soyons une Afrique unie et solidaire. Donc aujourd’hui, la Guinée qui a longtemps œuvré pour cela, le franc CFA était un élément très important de la France-Afrique, c’est un pan entier qui a tendance aujourd’hui à s’écrouler pour aller dans le sens de l’unité et la cohésion des peuples à travers la monnaie, à travers les institutions mêmes. Désormais si nous réussissons à avoir une monnaie commune, on aura une banque centrale qui va être pour l’ensemble des pays membres, et je crois que c’est une bonne chose. Mais, on ne saurait crier victoire sans pour autant maîtriser tous les contours et voir la position que les différents gouvernants, c’est-à-dire les exécutifs des différents pays, prendront pour la marche à suivre.

Guineematin.com : ce qui fait l’actualité à présent, c’est la nouvelle saisine de la CPI par les avocats du Front National pour la Défense de la Constitution sur les événements douloureux de Coyah. Quelle est votre réaction en tant qu’acteur politique ?

Aly Kaba : moi, ce que je pu vous dire sur la question, c’est que priorité doit être donnée aux juridictions nationales. Je ne suis pas du tout étonné. La Cour Pénale Internationale n’est nullement l’antichambre du FNDC ou de l’Opposition politique. Pour moi, d’abord la priorité, ce sont les juridictions nationales. Et au-delà, s’il y a la nécessité, les preuves seront brandies au moment venu pour situer les responsabilités. Mais, il faudrait bien avant qu’ici, que la justice guinéenne fasse son travail, arrive à faire ses enquêtes, identifier les auteurs, les commanditaires, les juger et les condamner. Donc moi, je suis toujours dans cette optique et c’est cela la vérité. C’est que nous sommes un pays souverain. Donc la majeure partie des cas, c’est lorsque les juridictions nationales n’arrivent pas à faire leur travail correctement et que les crimes commis sont suffisamment graves, qu’on a souvent fait recours à la CPI. Mais, ce n’est pas que quel qu’en soit la nature du problème qu’on fasse immédiatement recours à la CPI. Je rois que c’est une fuite en avant pour l’Opposition Guinéenne qui d’ailleurs a commis beaucoup de crimes pour faire en sorte que le double scrutin du 22 mars n’ait pas lieu.

La rédaction de Guineematin.com

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