Le prix de la viande est parti à la hausse dans les boucheries de Conakry à la veille de la fête marquant la fin du ramadan. Le kilogramme de viande a connu une augmentation allant de 3 000 à 5 000 francs dans la capitale guinéenne, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

En Guinée, les fêtes musulmanes sont des moments pendant lesquelles la viande est particulièrement prisée. Elles sont aussi des occasions propices pour les bouchers de revoir à la hausse le prix de cette denrée. Et cette année encore n’a pas échappé à cette règle. Ce vendredi, 22 mai 2020, le prix du kilogramme de viande varie entre 48 000 et 50 000 francs guinéens, alors qu’il était vendu à 45 000 francs il y a quelques jours. Et les clients n’ont pas le choix que de débourser un peu plus que d’habitude pour avoir de la viande. D’ailleurs, cette situation ne surprend pas ce père de famille, venu acheter de la viande au marché de Matoto.

« On est déjà habitués à ces augmentations fantaisistes du prix de la viande à l’approche de chaque fête et on s’y adapte maintenant. Chaque année, on s’attend à une augmentation. C’est difficile mais pour une journée de fête, on sacrifie beaucoup de choses pour le bonheur de la famille. Ça nous fait mal mais on ne peut rien pour changer la situation. Chacun fixe son prix comme il veut, il y a des endroits où on vend le kilo à 47 mille, d’autres à 48 mille jusqu’à 50 000 francs. Si on veut bien célébrer la fête ici à Conakry, il y a un prix à payer. Pratiquement, moi j’ai dépensé tout mon salaire de ce mois dans ces préparatifs », a-t-il confié.

Mamadou Djouma Diallo, un autre citoyen, déplore cette situation et pointe du doigt le laxisme des autorités. « Si vous voyez qu’il y a toute cette pagaille dans ce secteur, c’est qu’il n’y a pas de contrôle. Les autorités laissent chacun faire ce qu’il veut. Les importateurs fixent les prix qu’ils veulent, les transporteurs fixent ce qu’ils veulent, il n’y a aucune réglementation au niveau des barrages aussi. Donc avec cette manière, les mauvaises pratiques continueront toujours dans ce secteur. Il faut que les autorités essayent de coordonner les activités et harmoniser les prix à tous les niveaux », lance-t-il.

De son côté Idrissa Bah, boucher à Matoto, tente de justifier cette hausse du prix de la viande. Pour lui, elle n’est pas du tout fantaisiste. « Avant, on revendait un kilo de viande 42 mille francs. Au début du ramadan, on est venu à 45 mille francs. Et aujourd’hui, on vend le kilo à 48 mille francs guinéens. Tous les prix ont augmenté aujourd’hui sur le marché. De l’achat des bœufs dans les villages à leur transport jusqu’ici, les dépenses et les procédures sont de plus en plus compliquées. Au-delà donc de la forte demande à l’approche de la fête, c’est que les prix des bœufs ont augmenté et il y a beaucoup de tracasseries actuellement avec les agents déployés au niveau des différents barrages, on est obligés donc de suivre le cours du marché », soutient ce boucher.

Alsény Kaba pour Guineematin.com

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