A la veille de la fête marquant la fin du ramadan, la ville de Lola fait face à une crise de viande. Toutes les boucheries sont fermées depuis hier, jeudi 21 mai 2020, suite à une décision des bouchers et bouviers de la Guinée forestière de partir en grève, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

C’est dans la ville de N’Zérékoré que les bouchers et bouviers de la région se sont réunis jeudi pour prendre cette décision. Ils protestent ainsi contre une décision des autorités du pays de délocaliser les bœufs de cette région en vue de mettre fin aux conflits entre agriculteurs et éleveurs qui y sont récurrents. Et les conséquences de cette grève n’ont pas tardé à se faire sentir dans la ville de Lola, où les citoyens n’arrivent pas à trouver de la viande à la veille de l’Aïd El Fitr, la fête marquant la fin du ramadan.

« Depuis hier, j’ai été informé que les bouviers et les bouchers sont en grève. C’est pourquoi il n’y a pas de viande dans la ville. Ce sont les bouviers qui donnent les bœufs aux bouchers, ces derniers les égorgent pour revendre la viande à la population. Alors, si on dit que la race Zébu doit sortir du pays, ce n’est pas bon pour eux actuellement. Donc, c’est pourquoi ils se sont donné la main pour empêcher la sortie des bœufs de la région présentement. C’est le but de leur grève, ils veulent empêcher la sortie des bœufs de la région », explique Souleymane Keïta, le président de la chambre préfectorale de commerce de Lola.

Préoccupé par cette situation, monsieur Keïta dit avoir mené des démarches pour éviter de priver la population locale de viande. « Nous avons entamé des démarches pour trouver un terrain d’entente. Il faut mentionner qu’il y a certains bouchers qui ne font pas partie de la grève. Certains veulent travailler. Mais, ils disent qu’ils ont été chez les bouviers et que ces derniers leur ont dit qu’ils n’ont pas de bœufs avec pour le moment. Mais, si les bouchers qui sont prêts à travailler n’arrivent pas à trouver des bœufs, nous allons nous impliquer pour voir comment trouver quelques têtes afin que la population puisse avoir de la viande en cette période de fête », a-t-il laissé entendre.

En ce qui concerne la décision à l’origine de la colère des bouviers et bouchers, le président de la chambre préfectorale de commerce estime qu’elle est un peu trop radicale. Pour lui, les autorités doivent essayer de trouver un autre moyen de mettre fin aux conflits entre agriculteurs et éleveurs sans faire partir les bouviers de la région. Il appelle tout de même au calme et à la retenue, promettant de plaider les autorités pour que cette décision ne soit pas immédiatement mise en œuvre.

« Si on doit plaider le gouverneur, on va le faire. Parce que si on dit de faire sortir précipitamment les bœufs, il peut y avoir des conséquences. Si nous les chassons aussi, les pays voisins vont leur tendre la main. Donc, il vaut mieux faire une réconciliation entre les bouviers et les agriculteurs et exiger à ce que les bouviers ne laissent pas leurs bœufs aller brouter dans les champs des agriculteurs », a laissé entendre Souleymane Keïta.

Mohamed DORE pour Guineematin.com

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