La pandémie du coronavirus continue de se propager dans notre pays avec plus de 3300 cas positifs. Cette propagation à grande échelle n’est pas sans conséquences sur les différents secteurs d’activité. C’est le cas du port de pêche de Nongo, dans la commune de Ratoma, où les chefs du port, les femmes et autres piroguiers ont vu leur chiffre d’affaires nettement baissé ces derniers temps. Tel est le constat fait sur place par un reporter de Guineematin.com dans la journée de ce mercredi, 27 mai 2020.

N’faly Cissé, Chef du port de Nongo

N’fally Cissé, chef du port de pêche artisanal de Nongo égrène certaines difficultés auxquelles ils sont confrontés en ce moment. « Nous rencontrons beaucoup de difficultés liées à cette maladie. La façon dont ça a bouleversé le monde, c’est de la même manière que ça nous impacte aussi. Moi qui vous parle comme ça, je suis dans le coopératif. Nos machines de 15 chevaux devraient venir à la fin de ce mois. Mais jusqu’à présent, on n’a rien reçu à cause de cette pandémie. En plus, nous qui sommes sur les bras de mer, nous souffrons beaucoup. Nos clientes qui venaient de Kindia et de Coyah ne viennent plus vu les mesures de restriction. Avant, ces femmes pouvaient racheter 10 à 5 bassines remplies de poissons. Mais aujourd’hui, elles n’achètent qu’une à deux bassines. Avant, on vendait à 250.000 GNF une bassine. Mais de nos jours, on vend à 100.000 GNF par bassine faute de clients. Quand elles mettent la glace sur ça, elles ne gagnent pratiquement rien. Arrivé au marché, les clients aussi ne viennent pas parce qu’il n’y a pas d’argent dans le pays. Ce qui fait que le prix du poisson a baissé actuellement faute de débouchés. Donc, c’est entre-autres les difficultés auxquelles nous sommes confronté ici ».

Par ailleurs, monsieur Cissé a fait savoir que les jeunes piroguiers ne sont pas en marge de ces difficultés. « Nos jeunes piroguiers aussi à leur tour perdent beaucoup en cette période. Ils achètent l’essence pour alimenter le moteur. Tu peux voir 5 à 10 jeunes dans une même pirogue. Et c’est là-bas qu’ils vivent tous. Mais, quand on est obligé de vendre entre 50 à 100.000 GNF la bassine, là ça devient une perte énorme pour ces jeunes aussi. Mais, comme c’est notre travail et c’est tout ce que nous connaissons, on ne peut pas l’arrêter », a-t-il laissé entendre.

Aminata Soumah, cheffe des femmes du Port de pêche de Nongo et vendeuse de poissons frais

Même son de cloche chez Madame Aminata Soumah, cheffe des femmes du Port de pêche de Nongo et vendeuse de poissons frais. « Avant, les choses fonctionnaient bien dans ce port. Mais depuis l’apparition de cette maladie, tout est chamboulé. On passe toute la journée assise, les clients ne viennent pas. Surtout le mois de ramadan passé, ça n’a pas du tout marché. On pouvait rester jusqu’au soir sans avoir le nécessaire pour la marmite. Selon nos clients, ils ont peur de venir ici parce qu’il y a trop de monde au port. Ceux qui viennent aussi, même si tu tousses devant eux, ils vont fuir ta marchandise. Les patrons qui venaient en grand nombre ne viennent plus, ils disent que ça ne travaille pas dans le pays actuellement. C’est leurs domestiques qu’ils envoient avec des petites sommes… ».

Même si le port du masque et la distanciation sociale sont bafoués dans ce débarcadère, il faut noter que les kits de lavage des mains sont au moins installés à l’intérieur et à la sortie des lieux.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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