La propagation du coronavirus a entrainé une paralysie de nombreux secteurs d’activités. Cette situation n’est pas sans conséquences sur le traitement salarial de certains employés, qui constatent une ponction sur leurs salaires du mois de mai. C’est le cas de certains employés des bus de transport public de la société Turque Albayrak, surpris de constater une coupe de 70% de leurs salaires. Une situation qui concerne notamment les collecteurs au port, les contrôleurs portiers, ainsi que les receveurs dans les bus.

Selon des informations confirmées à un reporter de Guineematin.com, la société Albayrak a proposé un payement des salaires à hauteur de 30% par travailleur pour ce mois de mai sans fournir d’explications plausibles auprès des employés concernés par cette mesure. Ces derniers ont du mal à accepter cette mesure à un moment où ils tirent le diable par la queue.

Une des victimes, qui a joint Guineematin.com au téléphone hier, jeudi 28 mai 2020, soutient que cette mesure fait suite à la gratuité du transport public annoncée par le Premier ministre, Kassory Fofana, dans le cadre de la riposte contre le coronavirus. « Depuis que le Premier ministre a fait la déclaration sur les médias pour dire que le transport urbain dans les bus est gratuit, le lendemain, nous sommes partis à notre service. Ils ont dit qu’il faut qu’ils respectent ce que le Premier ministre a dit. Après, notre chef est parti voir le gouvernement qui lui a fait des propositions pour soulager les travailleurs. Mais, depuis, on ne sait pas si l’argent a été débloqué ou pas. Le mois passé par exemple, on nous avait payé ; mais, pour ce mois de mai, ils sont venus nous dire qu’ils ne nous payeront que 30% de notre salaire. Dans les conditions normales, s’ils rendent gratuit le transport, cela ne doit pas affecter les travailleurs que nous sommes. Actuellement, tout le monde est bouleversé dans nos services ; et, on ne sait pas ce qu’il faut faire ou quoi dire. Nous avons demandé à nos responsables si nous pouvons manifester pour réclamer nos droits. Ceux-ci nous ont dit que ce n’est pas à leur niveau et nous n’osons pas nous dévoiler devant la presse au risque d’être licenciés. Nous sommes dans une mauvaise situation ; et, nous menons une vie difficile actuellement », a expliqué notre source, sous couvert de l’anonymat.

À en croire cet employé d’Albayrak, ce sont les collecteurs au port, les contrôleurs portiers, ainsi que les receveurs dans les bus qui sont concernés par la mesure. « La direction s’appuie sur l’article 155 du Code du travail pour dire qu’elle nous doit juste les 30% de nos salaires, soit 360.000 GNF par mois et par personne. Nous disons qu’il ne faut pas qu’on s’appuie sur l’état d’urgence sanitaire pour nous couper nos droits. C’est eux qui ont rendu le transport gratuit. Et la seule chose que nous voulons aujourd’hui, c’est la reprise de notre travail pour qu’on puisse avoir au moins ce qu’on a l’habitude de nous payer. On ne peut plus rester à la maison. Pour ce mois, on ne sait pas si c’est l’entreprise qui bloque notre argent ou bien c’est l’Etat qui n’a pas honoré ses engagements. Nous sommes vraiment inquiets », a-t-il insisté.

Dans le but de recouper l’information, nous avons joint au téléphone le directeur de l’exploitation, Habib Soumah, ainsi que la responsable des ressources humaines au niveau du transport urbain, madame Mayeni Soumah. Tous n’ont pas voulu s’exprimer sur le sujet. Madame la responsable des ressources humaines s’est contentée juste de dire que nous ne sommes pas tombés sur la bonne personne pour expliquer cette situation…

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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