Après plusieurs semaines de relâchement, le port de masque refait surface à Coyah. Les autorités locales ont décidé de réactiver la mesure à partir de ce jeudi, 4 juin 2020. Et celle-ci est bien respectée par les habitants de la commune urbaine, a constaté un reporter de Guineematin.com qui s’est rendu sur place.

Suite aux manifestations du 12 mai dernier qui ont coûté la vie à 5 personnes à Coyah, les habitants de la préfecture ont décidé de ne plus se soumettre au port obligatoire de masque, en vigueur depuis le 18 avril en Guinée, dans le but de stopper la propagation du coronavirus dans le pays. Depuis, les masques de protection avaient disparu dans les rues et autres lieux publics de cette préfecture, située aux portes de Conakry. Mais, le nouveau préfet de Coyah, en collaboration avec la mairie, a décidé de mettre un terme à ce relâchement. Aziz Diop a exigé le port obligatoire de masque à partir de ce jeudi, 4 juin.

Mais avant, l’administrateur a fait distribuer les masques offerts par le président Alpha Condé à la population et a initié une campagne de sensibilisation des citoyens sur la nécessité de porter ces masques. Et cette campagne a bien porté fruit, se félicite le maire de la commune urbaine, Abou Soumah.

Abou Soumah, maire de la commune urbaine de Coyah

« Suite à l’appel lancé par le préfet et les autorités locales concernant le respect des barrières sanitaires, aujourd’hui Coyah est dans ce sillage. Tôt le matin, la police est sortie pour sensibiliser les citoyens sur la nécessité de porter les masques. Et moi aussi, je suis passé dans le marché avec tout mon staff pour sensibiliser les et distribuer des masques. Donc cette première journée a été un succès parce que le port de masque est respecté à 98%. Ce qu’on disait de Coyah hier, on ne le dit plus aujourd’hui. Parce que les citoyens de Coyah respectent les autorités », soutient l’autorité locale.

Mohamed Sila Camara, secrétaire général du syndicat des conducteurs de taxis motos de Coyah

Mais, selon Mohamed Sila Camara, le secrétaire général du syndicat des conducteurs de taxis motos de Coyah, c’est surtout l’implication des jeunes de la ville à cette initiative qui a favorisé son succès. Il indique que les citoyens de Coyah ne portent plus les masques par contrainte, comme c’était le cas avant, mais par adhésion à la mesure. « Cela est rendu possible grâce à la sensibilisation faite par les jeunes dans la commune urbaine. Le président de la république nous a offert plus de 100 milles bavettes. Le nouveau préfet Aziz Diop aussi s’est engagé auprès des jeunes pour combattre ensemble cette mauvaise pratique. Donc nous avons décidé en commun accord avec les autorités que le port obligatoire des masques rentre en vigueur aujourd’hui. Et Dieu merci, comme vous pouvez le constater, le message est compris. Ça n’a pas été une obligation pour nous, nous avons nous-mêmes pris conscience de la dangerosité de cette maladie », a-il laissé entendre.

Pour l’heure, les contrevenants à cette mesure sont juste rappelés à l’ordre par les agents de sécurité. Mais après cette phase de sensibilisation, toute personne qui va sortir sans porter un masque, s’exposera au payement d’une amende de 30 000 francs, prévient le Colonel Ibrahima Kéoulen Traoré, commissaire central de la police de Coyah.

Colonel Ibrahima Kéoulen Traoré, commissaire central de la police de Coyah

« Après ces quelques jours de sensibilisation, nous allons passer à la phase de la répression. En ce moment, quiconque sera interpellé pour non port de masque va s’exposer au payement d’une amende de 30 000 francs. Si on vous dit le nombre de cas de Covid-19 dans la préfecture de Coyah, vous allez avoir peur, on ne sait pas qui est qui. Donc, si on continue à marcher et à se frotter aux gens sans se protéger, je ne sais pas quand est-ce qu’on va sortir de cette pandémie. Les citoyens de Coyah doivent comprendre que ni les forces de l’ordre ni le préfet ne sont contre eux, mais plutôt nous sommes pour eux. Parce que s’ils continuent à se promener comme ça sans masque, ce serait un véritable risque pour nous », a indiqué l’officier de police.

A noter que le port de masque n’est plus respecté également à Dubréka (une autre préfecture située à périphérie de Conakry) et dans plusieurs autres localités de l’intérieur du pays.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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