Mamadou Dian Diallo, inspecteur du travail de la Région Administrative de Labé

Se faisant écho de la crise qui secoue actuellement le secteur de l’enseignement privé en Guinée, l’inspecteur du travail près le gouvernorat de la Région Administrative (RA) de Labé, Mamadou Dian Diallo dénonce « la mauvaise foi des fondateurs d’écoles privées » qui, selon lui, restent devoirs aux chargés de cours évoluant au sein de leurs établissements scolaires et universitaires respectifs.

Au cours d’un entretien qu’il a accordé à la rédaction régionale de Guineematin.com dans la matinée de ce vendredi, 05 juin 2020, l’inspecteur du travail près le gouvernorat de la Région Administrative (RA) de Labé, Mamadou Dian Diallo s’est montré catégorique.

« Il faut reconnaître que les fondateurs d’écoles privées ne sont pas de bonne foi. A mon arrivée à Labé, en 2015, j’avais fait un recensement de toutes les écoles privées de la préfecture. J’ai convoqué une réunion qui a été tenue dans le bureau de monsieur Sadou Keïta, alors gouverneur de Labé. Tous étaient pratiquement représentés à cette rencontre. On s’était convenu, en ce moment, qu’au début de chaque année scolaire, il devait y avoir 2 types de contrats. Un contrat à durée déterminée (CDD) et un contrat à durée indéterminée (CDI). A l’issu du contrat à durée déterminée, le travailleur doit bénéficier de 5% du montant total perçu au cours de l’exécution du contrat » a-t-il expliqué.

Au cours de cette-même rencontre, l’inspecteur du travail dit avoir émis une autre idée pour permettre aux enseignants du privé de bénéficier de salaires de vacances. Celle de considérer que les intéressés sont en congé technique pour une période de 3 mois.

« Dans ces conditions, ils doivent payer 30% de salaires mensuels pour une période de 3 mois. Cette idée ne constitue pas une inspiration personnelle. C’est le code du travail. Moi, je me base toujours sur ce que le législateur guinéen a dit par rapport au monde du travail pour impliquer ceux qui sont concernés » a-t-il ajouté.

A date, aucune des parties n’a sollicité l’arbitrage de l’Inspection Régionale du travail. Mais, les fondateurs d’écoles privées se réfugient l’argument selon lequel ils utilisent des enseignants du public qui n’auraient pas le droit d’avoir d’autres contrats en dehors de celui qui les lie à l’Etat guinéen.

« Cet argument ne tient pas la route. Ce n’est pas leur affaire. Si quelqu’un a eu le temps de venir donner des cours dans ton école pendant 18 heures, 7 heures ou 5 heures, tu ne peux pas dire que ce n’est pas un employé à plein temps » insiste-t-il.

Pour notre interlocuteur, ce problème prend sa source ailleurs : « généralement, avant que le département ne délivre une autorisation d’ouverture d’une école, on demande le relevé bancaire du fondateur de l’établissement. C’est pour dire qu’on n’attend pas que les parents d’élèves payent pour faire fonctionner l’école. C’est une entreprise et il faut que l’entreprise tourne. Avant que l’entreprise ne réussisse à s’autofinancer, le fondateur doit mettre la main à la poche » précise-t-il.

La seconde raison serait liée au manque de contrat entre les fondateurs et ces enseignants du secteur privé.

« Je ne sais pas si ces enseignants savent qu’ils ne sont pas de la fonction publique. Ils sont privés et le privé est géré par l’Inspection du travail » a-t-il conclu notre entretien.

De Labé, Idrissa Sampiring Diallo pour Guineematin.com

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