Etat d’urgence sanitaire : ce que les conducteurs de Matam demandent au président Alpha Condé

Dans soixante douze (72) heures, l’état d’urgence sanitaire, décrété pour freiner la propagation du coronavirus, va expirer. Devant la hausse des cas de contamination en Guinée, cet état d’urgence devrait être reconduit, malgré les difficultés qu’il provoque chez les guinéens, réduits à s’adapter à cette nouvelle donne. Des conducteurs de taxis de la gare routière de Matam, interrogés par un reporter de Guineematin.com dans la journée de ce vendredi 12 juin 2020, ont exprimé leur inquiétude devant le calvaire qu’ils traversent en ce moment.

Les guinéens sont aujourd’hui sérieusement affectés par l’état d’urgence sanitaire qui a entraîné de nombreuses restrictions dans leur quotidien. Le secteur des transports est l’un des plus touchés par cette situation.

Des conducteurs de la gare routière de Matam, qui ne transportent que des marchandises, ont dénoncé les nombreuses tracasseries dont ils sont victimes de la part des forces de l’ordre.

Mory Kanté, conducteur de minibus sur la ligne Conakry-Kissidougou

Mory Kanté, conducteur de minibus sur la ligne Conakry-Kissidougou : « vraiment, on a eu assez de mal avec cette pandémie, mais on a eu plus de mal lorsque l’état d’urgence sanitaire a été déclaré par le Chef de l’Etat. Nous lui demandons de mettre fin à cet état d’urgence sanitaire parce que nous souffrons énormément. Il nous a été demandé de ne pas prendre les passagers. Donc, nous avons sorti toutes les chaises du véhicule. Nous ne prenons que les marchandises. Mais, même avec ça, les policiers nous fatiguent. Nous travaillons en ce moment à travers le transport de marchandises, c’est pour avoir un peu. Nous le faisons parce que nous n’avons rien appris d’autres que ce métier. Mais même avec ça, nous sommes harcelés par les agents. Nous exhortons le Chef de l’Etat à mettre fin à l’état d’urgence avec son cortège de problèmes ».

Mohamed Fofana, chauffeur sur la ligne Conakry-Faranah

Mohamed Fofana, chauffeur sur la ligne Conakry-Faranah : « nous ne sommes pas contre le respect des mesures barrières édictées par les autorités. Mais, nous demandons humblement au chef de l’Etat de lever l’état d’urgence sanitaire. Nous chauffeurs, nous souffrons de cette mesure. Nous travaillons actuellement en transportant uniquement les marchandises. Mais, nous ne gagnons presque rien. Le peu que nous avons, les agents nous le retirent, ce qui nous met en mal avec nos patrons, les propriétaires des véhicules. Nos patrons nous voient voyager mais en retour ils ne gagnent rien de ces voyages, parce que tout l’argent nous est retiré au niveau des barrages. Il y a plus de 10 barrages installés sur la nationale Conakry-Faranah et partout où tu arrives, même sans passagers, il te faut payer de l’argent. A l’heure où je vous parle, plusieurs de nos véhicules sont retenus par les policiers à la fourrière pour avoir tout simplement pris des marchandises… ».

Ibrahima Kalil Oularé, chauffeur sur la ligne Conakry-N’Zérékoré

Ibrahima Kalil Oularé transporte des marchandises sur la ligne Conakry-Nzérékoré. « Nous souffrons actuellement du fait de l’état d’urgence sanitaire parce que nous n’arrivons plus à transporter les passagers. Et les marchandises uniquement ne nous rapportent que peu. Mais en dépit de ces difficultés, nous demandons au Chef de l’Etat de se concerter avec le ministre de la Santé avant la prise de toute décision. Je sais que le Chef de l’Etat n’est pas spécialiste. Mais il a des conseillers. Si c’est la prorogation de l’état d’urgence sanitaire qui peut nous aider, il peut le faire. Si c’est de lever et renforcer les autres mesures qu’il le fasse. Mais je souhaite qu’on en finisse avec cette maladie car les Guinéens souffrent énormément. »

Propos recueillis par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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