Le coronavirus continue sa propagation à travers la Guinée avec quelques 4426 cas confirmés, selon les statistiques de l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSS) en date du 12 juin 2020. Le président Alpha Condé devrait reconduire l’état d’urgence sanitaire dans moins de 48 heures. Dans le secteur des transports, très touché par la maladie, le syndicat plaide pour un allègement des restrictions et des contrôles plus accrus à la sortie de Conakry, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Les responsables du syndicat des transporteurs du Km36 (à Coyah) et de Dubréka se plaignent de l’isolement de Conakry et de son impact sur leur revenu. Ils demandent au président Condé de leur faciliter la tache dans sa décision de reconduire ou pas l’état d’urgence sanitaire.

Fodé Camara, secrétaire général du syndicat des transporteurs du km36

C’est le cas de Fodé Camara, secrétaire général du syndicat des transporteurs du km36, qui se dit être conscient du danger de la maladie, mais demande l’assouplissement des mesures. « D’abord, je dirais merci aux autorités guinéennes pour avoir pris des mesures visant à protéger leur population parce que toutes ces mesures édictées sont faites pour notre santé. Nous, depuis qu’on a annoncé l’isolement de Conakry, nous avions arrêté de travailler. Ils ont dit de ne prendre que 3 personnes dans un taxi et 10 dans un minibus, et c’est ce qui est respecté jusqu’à présent. Mais malgré ces souffrances, on ne peut pas incriminer le gouvernement pour ça. Parce que ce n’est pas eux qui ont envoyé cette maladie. Elle est plutôt mondiale. Les guinéens ou transporteurs guinéens ne sont pas les seuls à ressentir les conséquences de cette COVID-19. Quand même, nous attendons qu’il y ait un changement ou assouplissement au niveau du transport qui est notre secteur. »

Monsieur Camara fait des propositions. « Aujourd’hui, les chauffeurs en souffrent, c’est vrai ; mais, les citoyens désireux de se déplacer en pâtissent plus. D’ailleurs, s’ils ne peuvent pas lever ces barrages, nous souhaitons auprès du président de réglementer la sortie vers l’intérieur au lieu de l’interdire. C’est-à-dire avec les thermo flashs on peut procéder au strict contrôle au niveau des différents barrages érigés. Comme ça, dès qu’on soupçonne quelqu’un qui présenterait des symptômes de la maladie, on pourrait isoler la personne pour que les gens soient un peu libres de leurs mouvements. Sinon, comme ça, nous traversons des difficultés qu’on ne peut décrire ».

Naby Camara, premier responsable du syndicat des transporteurs de la préfecture de Dubréka

Pour sa part, Naby Camara, premier responsable du syndicat des transporteurs de la préfecture de Dubréka, a émis le souhait de voir la levée de cette mesure le 15 juin dans le discours du président. « Par rapport à la sortie du président pour proroger ou pas l’état d’urgence sanitaire, en tant que premier responsable des transporteurs de la zone de Dubréka, je ne peux que souhaiter et demander si possible la levée définitive de ces barrages installés… Comme ça, nous qui vivons de ce travail, nous serons libres. Donc, nous on ne fait que prier pour que l’adresse du président soit en notre faveur. Parce que dans le secteur du transport, nous vivons au quotidien. Et c’est dans le long voyage que nous gagnons de l’argent par rapport au transport urbain. À partir du lundi donc, que le président dise de continuer à se protéger le nez et de se laver les mains jusqu’à la fin de la maladie, mais qu’il lève l’interdiction de circuler à l’intérieur du pays ».

Si cet appel n’arrivait pas à être entendu, le syndicaliste invite ses membres à respecter ce qui sera dit jusqu’à ce que la Guinée parvienne à vaincre la maladie. « Si toute fois il arrive à maintenir les barrages et que c’est dans ça qu’il y a notre santé, nous serons obligés de l’accepter. On ne peut pas s’imposer à la décision du président. Parce que quelque soit la durée de la maladie, elle finira de s’en aller un jour. Pour cela, je dirais à tous les transporteurs relevant de ma zone de respecter les nouvelles mesures qui seront prises par le président de la République jusqu’à la fin de cette maladie. Moi je sais qu’il ne fait rien contre sa population », a-t-il conclu.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin