Aly Bocar Samoura, responsable de la communication de la CENI

Dans les conditions normales, les guinéens devraient être appelés aux urnes avant la fin de cette année pour élire le successeur du président Alpha Condé, à la tête de la Guinée depuis dix ans. L’article 28 de la constitution dispose que « le scrutin pour l’élection du président de la République a lieu, quatre-vingt-dix jours, au plus, et soixante jours, au moins, avant la date de l’expiration du mandat du président de la République en fonction ». Ceci dit, l’élection présidentielle de cette année doit normalement se tenir au mois d’octobre prochain, au plus tard. Car, le mandat de l’actuel président guinéen arrivera à échéance le 21 décembre 2020.

Seulement, sur le terrain, aucune activité de la CENI (commission électorale nationale indépendante) ne laisse entrevoir une lueur d’espoir pour l’organisation de ce scrutin national. L’organe en charge des élections en Guinée semble se recroqueviller sur lui-même. Et, cela suscite assez d’inquiétudes, mais aussi des interrogations sur la volonté de la CENI d’œuvrer dans le sens d’éviter au pays un grave problème institutionnel. Car, pour certains acteurs politiques guinéens, « si un président de la République n’est pas élu cette année, c’est une transition qui va s’ouvrir au soir du 21 décembre prochain en Guinée ».

Mais, joint au téléphone ce lundi, 15 juin 2020, par un reporter de Guinematin.com, le responsable en charge de la communication de la CENI, Aly Bocar Samoura, assure que la commission électorale nationale indépendante travaille déjà sur un chronogramme.

« Comme vous le savez, la CENI s’adosse toujours à la loi. Et, la loi nous dit au niveau de la constitution qu’à 90 jours au plus et à 60 jours au moins avant la fin du mandat du président de la République, la CENI doit organiser une élection présidentielle. Donc, nous sommes en train de nous préparer pour respecter cette disposition de la constitution. Actuellement, nous sommes en train de travailler sur le chronogramme qui doit inclure toutes nos activités pour l’organisation de ce scrutin. La loi nous impose d’organiser ces élections… et, nous sortirons une date (pour la tenue du scrutin présidentiel) avant les délais que la loi nous a fixés », a indiqué Aly Bocar Samoura.

A noter que le changement de la constitution (qui interdit au président Alpha Condé de briguer plus de deux mandats) laisse penser à une volonté du chef de l’Etat de se maintenir au pouvoir. Mais, la mobilisation des acteurs politiques et sociaux, réunis au sein du FNDC (Front national pour la défense de la constitution, qui annonce la reprise de ses manifestations à partir du 08 juillet prochain), pourrait perturber la stratégie du champion du RPG arc-en-ciel.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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