Réactivé le jeudi 4 juin dernier, le port obligatoire du masque n’est toujours pas respecté dans la commune urbaine de Coyah. Plus de dix jours après, de nombreux citoyens n’obéissent pas à cette injonction et certains doutent même de l’existence de la maladie. Tel est le constat fait sur place par un reporter de Guineematin.com dans la journée d’hier, lundi 15 juin 2020.

Pour freiner la chaîne de propagation du coronavirus en Guinée, le port du masque est rendu obligatoire par les autorités. Mais dans la ville de Coyah, cette mesure n’est pas respectée pour plusieurs raisons.

Trouvé assis au bord de la route sans bavette, Morlaye Soumah, citoyen de Coyah, explique les raisons de son refus de porter les bavettes. « Jusqu’à présent, il y en a qui ne portent toujours pas de bavettes. Ces personnes pensent qu’il n’y a pas de maladie dans leur localité et d’autres aussi ne peuvent pas garder longtemps la bavette au nez. Ça les gène. Donc, depuis le lancement de cette opération à Coyah, les policiers aussi ne font que sensibiliser parce qu’ils ont peur qu’il y ait des révoltes à cause de ça. Mais pour dire vrai, nous on n’est pas prêt de porter ces masques-là. C’est vrai que les autorités ont distribué les bavettes mais on ne va pas les porter parce qu’on en a marre de cette maladie du coronavirus. Nous, on n’est pas habitué à une telle chose à Coyah », a lancé Morlaye Soumah.

Aly Bangoura, conducteur de taxi moto

Pour sa part, Aly Bangoura préconise de privilégier le dépistage massif et met en garde. « En réalité, ce problème de port de bavettes commence à nous ennuyer… C’est vrai que cette maladie existe, mais je ne pense pas qu’elle soit en Guinée en général, plus particulièrement à Coyah. D’ailleurs, il n’y a pas de coronavirus à Coyah. C’est pour cela qu’on ne porte pas ça. La répression proférée par la police contre nous ne marchera pas ici, s’ils ne veulent pas qu’il y ait des affrontements encore. D’ailleurs, jusqu’à présent nous n’avons pas encore oublié nos morts lors des dernières manifestations. S’ils veulent nous provoquer encore, ils nous verrons sur leur chemin. Car personne ne sera sanctionné pour non-port de bavettes à Coyah. A l’heure là, comme ils ont des appareils qui détectent la maladie, qu’ils utilisent ça et qu’ils laissent tomber ce problème de bavettes. Comme ça avec cet appareil, on peut trier tous les malades des rangs de la population », a dit le conducteur de mototaxi, trouvé au rond-point de Coyah.

Un lieutenant de la Compagnie d’Intervention et de sécurité (CMIS) qui s’est confié sous anonymat, a décrit les difficultés qu’ils ont pour faire respecter cette mesure à Coyah. « Comme vous voyez, c’est le reçu des contraventions que je tiens comme ça en main et des pick-up sont aussi en patrouille dans la ville pour interpeller les contrevenants. Mais franchement, on ne peut pas tout contrôler ici. Malgré tout, on essaye quand même de faire notre mieux. Mais vraiment, Coyah est une zone à part. Sinon, certains portent les bavettes, mais quand tu prends quelqu’un qui ne porte pas, il se fait révolter de telle sorte qu’il attire l’attention des autres sur vous. Donc des cas comme ça, on les laisse partir pour ne pas que ça dégénère. Sinon vraiment, beaucoup ont délaissé mais on ne peut pas sévir comme ça se doit pour qui connaît l’état d’esprit des Coyakas. Actuellement, on est obligé de travailler avec beaucoup de stratégies », avoue l’agent de la police.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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